La fin est proche: Qu’est-ce que la collapsologie, la «science» qui prédit l’effondrement du monde? (vidéo)

Un récupérateur à travers les déchets d’une décharge de Johannesbourg, le 29 juin 2018. — GULSHAN KHAN / AFP

Les plus pessimistes annoncent la fin de notre monde pour l’année prochaine, les plus optimistes pour 2030. S’ils n’ont pas la date exacte, les collapsologues, les geeks de l’effondrement, n’en ont aucun doute : notre civilisation va s’effondrer.

Il ne s’agit pas d’une attaque de zombies version The Walking Dead, ni de l’apocalypse biblique, mais de la fin de la société de l’abondance et de l’idée d’une croissance illimitée. Le néologisme « collapsologie » (du latin « collapsus » : « qui est tombé en un seul bloc ») est né en 2015 avec le livre Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne, ingénieur agronome et docteur en biologie, et Raphaël Stevens, éco-conseiller. Ils ont réuni des indices du passé et du présent pour tenter de tracer des trajectoires du futur.

De l’épuisement des ressources pétrolières à l’accélération du rythme d’extinction des espèces, en passant par l’essoufflement de l’agriculture intensive et les risques que représentent les chaînes d’approvisionnement de plus en plus tendues pour l’économie, rien de tout cela n’est vraiment neuf. La nouveauté réside plutôt dans la manière d’aborder le drame qui nous attend. L’effondrement, c’est la convergence de toutes les crises : climatiques, écologiques, biogéophysiques, économiques…

« Ça risque de nous arriver sur le nez dès la fin de cette année »

Mais cette idée ne date pas de 2015. Dès 1972, le rapport Meadows intitulé The Limits To Growth, rédigé par des chercheurs du MIT pour le Club de Rome, alertait déjà sur les dangers d’une croissance économique et démographique exponentielle dans un monde fini. Le rapport prévoyait l’effondrement pour 2030. Dans une dizaine d’années, donc. Aujourd’hui, un certain nombre de collapsologues le voient venir beaucoup plus tôt.

« Ça risque de nous tomber sur le nez, avec des signaux forts dès la fin de cette année », prophétise Alexandre Boisson, spécialiste en sécurité et cofondateur de SOS Maires, qui pratique le lobbying citoyen. Ok, on va se manger, mais comment concrètement ? Selon la définition d’Yves Cochet, ancien ministre de l’Environnement et président de l’institut Momentum, l’effondrement, « c’est le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis (à un coût raisonnable) à une majorité de la population par des services encadrés par la loi ».

L’effondrement ne prend pas la même forme selon les pays, il recoupe plusieurs réalités différentes. « C’est un enchaînement de catastrophes qu’on ne peut plus arrêter et qui a des conséquences irréversibles sur la société, indique Pablo Servigne. On ne peut pas savoir ce qui le déclenchera : un krach boursier, une catastrophe naturelle, l’effondrement de la biodiversité… « Ce qu’on peut affirmer, c’est que toutes ces crises sont interconnectées et qu’elles peuvent, comme un effet de domino, se déclencher les unes les autres », insiste-t-il avant d’en donner les grandes lignes. « Il faut imaginer une vie où il n’y a plus rien dans les distributeurs automatiques, où l’essence est rationnée, où l’eau potable n’arrive pas souvent, où il y a de grandes sécheresses et de grandes inondations. Il faut se préparer à vivre ces tempêtes ».

Augmenter la capacité de résilience de la société

Si le monde fonce dans le mur, ce n’est pas forcément une mauvaise chose. « Ça veut aussi dire qu’on va arrêter de faire fabriquer des jeans par des enfants au Bangladesh », signale Clément Montfort, journaliste indépendant et réalisateur du webdocumentaire Next. « La question n’est plus de savoir si on peut maintenir un modèle de croissance, la réponse est non, la question qui me préoccupe plus c’est comment faire pour que toute l’humanité n’y passe pas », reprend le journaliste.

Pour les collapsologues, éviter la catastrophe n’est plus une option. On prend le virage à toute vitesse et on est en train de sortir de la route. Alors, comment limiter les dégâts ? Les tenants de la théorie de l’effondrement n’ont qu’un mot à la bouche : augmenter la capacité de résilience de la société. Il faut chercher des nouveaux modèles agricoles, réorganiser les villes, favoriser le low tech…

(Source : 20 Minutes)

3 réflexions sur “La fin est proche: Qu’est-ce que la collapsologie, la «science» qui prédit l’effondrement du monde? (vidéo)

    • c’Est notre cas à tous. Et des pays comme la France où la majorité du peuple ne s’en sort déjà pas, ne s’en sortira pas en cherchant de la même manière les solutions.
      Plusieurs économistes comparent la prochaine récession (cette année ou 2020) comme similaire, voire pire à celle de 1929)
      va falloir réapprendre à vivre par nous-mêmes

  1. L’effondrement serait une façon naturelle de corriger les excès de comportements qui y conduisent. Un peu comme une maladie (l’effondrement) est un moment de crise, qui signale que quelque chose ne tourne pas rond quelque part.

    Si dans un premier effondrement, le mal (humain, civilisateur, industries, etc) qui l’occasionnait était partiellement ou totalement neutralisé sur Terre, alors la Terre pourrait peut-être disposer encore de ressources naturelles pour se régénérer petit à petit.

    Mais plus les humains dénient ou combattent et repoussent les facteurs qui conduisent à un effondrement de leur civilisation, alors plus ils risquent d’empirer l’intensité de l’effondrement nécessaire qui devra survenir pour neutraliser ce mal combatif, obstiné, prolongé qu’ils lui opposent. Voilà le drame.

    Autrement dit, la meilleure solution serait de reconnaître le mieux possible l’incidence climatique de nos comportements afin de contribuer activement à les corriger nous-mêmes avant qu’un premier effondrement sérieux survienne malgré nous. Ayant déjà traversé plusieurs crises sociales et de civilisations diverses, les humains les analysent mais il est trop tard pour y remédier et ils attribuent souvent ces crises à des hasards catastrophiques ou à notre ignorance.

    Les collaptionnistes comprennent que cette meilleure solution pour remédier à l’effondrement climatique prévu n’est pas encore enclenchée ou entrevue sur Terre. Ils s’en désolent, bien sûr mais continuent d’élaborer leurs scénarios d’effondrement à partir de modèles compréhensifs susceptibles d’aider le plus d’humains à reconnaître la nature des problèmes qui nous attendent de plus en plus, surtout si nous ne faisons absolument rien pour les contourner.

    Existe-t-il de meilleure stratégie que celle d’une prise de conscience générale visant à remédier à la situation dans laquelle l’humanité ou la civilisation mondialisée s’enfonce à vitesse croissante ? Devant ce genre de situation tragique ne vaudrait-il pas mieux d’ouvrir grand les yeux sur ce qui nous attend et d’agir en conséquence de manière concertée… C’est une invitation à s’informer d’abord. Sauf erreur j’en ai déjà parlé ici en 2018, en citant ce lien. https://www.youtube.com/watch?v=1dgjIeR5DBY

    C’est l’exposé le plus informatif et systématique que j’ai trouvé sur les mécanismes de l’effondrement. Certains commentaires à cette vidéo en rajoutent afin d’élargir encore les approches à débattre.
    https://team.inria.fr/steep/seminars/les-conferences-debats-comprendre-et-agir/

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