La Bretagne hantée : les ruines mystérieuses de Rustéphan (vidéo)

Le château de Rustéphan, près de Pont-Aven a été construit en 1480. La légende évoque le fantôme d’une jeune fille, morte le jour où son fiancé renonçant au mariage est devenu prêtre.

Si le château a été habité pendant un siècle environ, par la suite, le mystère demeure même s’il s’est transmis à plusieurs familles. Aujourd’hui, le site est interdit au public, jugé trop dangereux.

Un lieu – Une histoire. À Nizon, le manoir de Rustéphan n’est plus que ruines depuis plusieurs siècles. Elles abritent la triste légende de Jenovefa qui hante les lieux au clair de lune.

Au beau milieu du bois de Rustéphan, entre Nizon et Pont-Aven, se cachent les ruines d’un manoir de l’extrême fin du Moyen Âge. Elles se distinguent difficilement. Pourtant, elles sont juste là, au bord du chemin, recouvertes de lierre et plongées dans l’ombre de la forêt. Il ne reste plus grand chose de l’édifice. Une tour, côté sud, abrite un escalier tombant en ruines. À l’ouest, subsiste une tourelle à cul-de-lampe. Dans son prolongement, un mur est toujours debout, dominé par une cheminée.

Vers l’an 1100, un premier château féodal aurait été construit, à cet endroit, par Étienne, comte de Penthièvre. Il aurait donné son nom au domaine (Rustefan signifiant « tertre d’Étienne » en breton). Mais rien ne prouve l’existence de cet édifice. Une chose est sûre : Jean du Faou y a fait construire un manoir, à la place des ruines du présumé château féodal, entre 1470 et 1480.

Après de nombreux héritages et ventes, le domaine appartient, au XVIIIe siècle, à la famille Euzenou de Kersalaün, dernière propriétaire recensée. Les historiens sont sûrs que le manoir a été habité pendant au moins un siècle. Pour le reste, rien ne le prouve. A-t-il été abandonné dès le XVIIe siècle ?

La part de mystère entourant ce manoir fait de ses ruines le théâtre d’une légende. Dans son Barzaz Breiz (1839), Théodore Hersart de La Villemarqué retranscrit le chant breton Jenovefa Rustefan (Geneviève de Rustéphan, dont l’existence n’est pas attestée). Elle était amoureuse d’un berger, Iannik. Mais le père de la jeune femme, seigneur du domaine, s’opposait à cette romance.

Avec sa complicité, la mère du jeune homme l’envoya à Quimper se faire prêtre, malgré les supplications de sa bien-aimée. De désespoir et de chagrin, Jenovefa se jeta du haut de la tour du manoir. Leurs fantômes hantent désormais les lieux. Les habitants, dansant, par tradition, très tard au pied des ruines,

« aperçurent, un soir, la tête chauve d’un vieux prêtre, aux yeux étincelants, à la lucarne du donjon, raconte La Villemarqué. On ajoute à cela qu’on voyait jadis une jeune demoiselle, en robe de satin vert garnie de fleurs d’or, se promener au clair de lune sur les murailles, chantant quelquefois, et plus souvent pleurant. »

Au-delà de la légende, les ruines du manoir ont été victimes de pillages. Les pierres ont été utilisées pour construire des granges alentour. En 1887,

« tout ce qui avait jusqu’alors subsisté de la façade s’écroulait sous le pic et le levier des maçons… », rapporte Louis Le Guennec, journaliste et historien de l’époque.

Les ruines sont inscrites à l’inventaire des monuments historiques depuis 1926 et appartiennent désormais à la commune de Pont-Aven. Le site étant dangereux, son accès est interdit. Aucune restauration n’est en vue, bien que des amoureux du lieu la réclament depuis des années.

En attendant, les pierres se fragilisent chaque jour un peu plus. Le manteau de verdure s’épaissit. Et peut-être qu’un jour, Jenovefa ne pourra plus se promener sur les pierres de Rustéphan.

(Source : Ouest France, France 3 Bretagne)

""

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s