Le puits de Barhout, le « puits de l’enfer » du Yémen
- Le puits de Barhout est un gouffre dans le désert de l’est du Yémen.
- Large d’une trentaine de mètres, il plonge à plus de 100 mètres de profondeur.
- La légende locale en fait une prison à démons : le « puits de l’enfer ».
- En 2021, des spéléologues omanais sont descendus jusqu’au fond.
Au milieu du désert de l’est du Yémen s’ouvre un trou noir parfait, comme percé par une main géante. Les habitants l’évitent depuis des siècles : pour eux, le puits de Barhout est une prison de djinns, un « puits de l’enfer » d’où monte le malheur. En 2021, une équipe est enfin descendue voir. Récit d’une plongée dans la peur… et la géologie.
Un trou que personne n’osait approcher
Le puits de Barhout est un gouffre naturel : une trentaine de mètres de large en surface, et une gorge sombre qui s’enfonce à plus de cent mètres. Autour, le désert. Depuis des générations, la tradition orale en fait un lieu maudit : on raconte qu’il emprisonne des esprits, qu’il faut s’en détourner, ne pas même en parler de peur d’attirer le mal.
La descente de 2021
En septembre 2021, une équipe de spéléologues omanais expérimentés se lance : descente en rappel, matériel de pointe, oxygène. Ils atteignent le fond, une première documentée. Là où la légende promettait des démons, ils trouvent… la nature. Des cascades, des serpents, des grenouilles, des scarabées, et de superbes concrétions minérales appelées « perles des cavernes ».
Ni enfer, ni miracle : de la géologie
Le puits est un phénomène karstique : l’eau a lentement dissous la roche calcaire pour creuser cette cheminée verticale, sur des centaines de milliers d’années. L’odeur désagréable qui s’en dégage, à l’origine de bien des peurs, vient simplement de la matière organique en décomposition au fond. Le mystère est réel, mais il est minéral — pas surnaturel, à l’image de la structure de Richat, l’Œil du Sahara, elle aussi longtemps mal comprise.
Quand la peur garde les lieux
L’histoire de Barhout est un cas d’école : une légende de malédiction a tenu les humains à l’écart pendant des siècles, jusqu’à ce que la corde et la lampe frontale remplacent la superstition. C’est le même frisson que celui de nos lieux hantés de France, à ceci près qu’ici, la descente a bel et bien eu lieu — et que l’enfer, une fois de plus, était vide.
Questions fréquentes
Le puits de Barhout est-il vraiment sans fond ? Non. Il fait environ 112 mètres de profondeur ; des spéléologues en ont atteint le fond en 2021.
Y a-t-il des démons ? Non : l’expédition n’a trouvé que de l’eau, des animaux et des formations minérales. La « malédiction » relève du folklore.
