Le sens caché du jeu de 52 cartes (vidéo)

Les 52 cartes avec leurs Cœurs, Piques, Trèfles et Carreaux sont les signes les plus répandus sur Terre. Mais jusqu’à quel point les connaît-on ? Derrière la façade ludique des cartes se cache un sens profond qui remonte à la nuit des temps…

Dès le départ, Le sens caché du jeu de 52 cartes, ouvrage coécrit par Howard Crowhurst et Guilhem Morera, intrigue. Si nombre de livres décryptent les arcanes du tarot, peu sont consacrés au traditionnel jeu de cartes.

De l’alchimie à l’astronomie, de la civilisation maya à l’Égypte antique, des quatre éléments aux cinquante-deux notes du piano, ou encore de l’arithmologie à l’aspect vibratoire des cartes, ce livre vertigineux donne l’impression de pousser des portes secrètes qui ouvrent, une à une, sur des savoirs cachés de l’humanité, pourtant là sous nos yeux… En refermant cet ouvrage, vous ne taperez plus le carton innocemment !

Un livre sans fin

Ce vertige, mêlé de fascination, a aussi saisi les auteurs, pourtant habitués à déchiffrer les énigmes de l’univers – Howard Crowhurst, familier d’Inexploré, est un spécialiste des mégalithes, tandis que Guilhem Morera(1) a étudié la tenségrité, c’est-à-dire les « passes magiques », dans la lignée de Carlos Castaneda. Déchiffrer, il en est question, ici…

« Cette organisation de formes, de couleurs et de nombres, qui inclut la trinité Valet-Dame-Roi, le système décimal et le sulfureux 13, révèle les bases d’une ancienne connaissance, aussi simple que riche. Même la musique et l’astronomie y trouvent leur expression », soulignent les auteurs.

Tous deux se sont littéralement pris au jeu de leur enquête, qui les a emmenés beaucoup plus loin qu’ils ne le pensaient. Au départ, une énigme : d’où viennent ces formes si familières sur les sept continents et pourquoi, dans un monde où tout se transforme, ont-elles perduré depuis des siècles sans le moindre changement ? Ils sont donc partis en quête des origines, mais en route, leur objectif s’est amplifié au rythme du monde mystérieux qui s’est ouvert à eux.

Cartographie d’un chemin initiatique

Carte Goodall (jeu anglais de Londres) de 1865 montrant l’ordre numérique des cartes. Photo : Alamy Stock.Entre autres clés, on y découvre que les cartes sont un « petit livre » de 52 pages, écrit dans un langage universel, qui peut être lu dans tous les sens mais dont le sens est à découvrir.

Une universalité qui révèle, en miroir, le jeu du « je ». Or, la sophistication du monde moderne nous aveugle et nous éloigne de la sagesse ancestrale.

« Ce savoir semble être comme une graine qui végète en attendant que l’eau nécessaire à son développement puisse l’arroser. Lorsqu’on franchit ce voile qui rend les choses invisibles, la vie change. Nous commençons à voir dans les détails de l’existence des éléments de savoir ancien qui posent les fondations inconnues de notre monde », s’émerveillent Howard Crowhurst et Guilhem Morera.

Leur ouvrage est destiné à stimuler notre recherche. Loin des interprétations toutes faites, on y accomplit un voyage initiatique sur les traces des origines et de la symbolique des cartes pour éclairer notre quête de sens, le sentier de la connaissance. À nous de faire le chemin ! En cette période de chaos et de transition, le temps est venu de jouer cartes sur table et d’y (re)découvrir les lois universelles de l’univers pour mieux le comprendre et le respecter. Se respecter.

Déchiffrage

Impossible d’ouvrir ici toutes les pistes esquissées dans le livre (maya, druidique, astronomique, alchimique, musicale, etc.), étayées par des recherches et des décryptages qui ne résistent pas aux raccourcis. Que retenir, alors ?

« Le point essentiel, qui marque aussi le début de cette aventure, est la découverte d’une relation entre les deux ensembles de symboles les plus utilisés sur Terre : les chiffres dits “arabes”, qui prennent possiblement leur origine en Inde, et les symboles sur les cartes, connus dans le monde entier », résume Howard Crowhurst.

Guilhem Morera, initié à la connaissance cachée dans le jeu de cartes par Robert Lee Camp, propose une méthode de lecture qui, au lieu d’utiliser un tarot, se fait avec le classique jeu de 52 cartes(1). C’est lui qui s’est rapproché de Howard Crowhurst, après qu’un étudiant lui a signalé la résonance entre son travail sur les cartes et celui de Howard sur le quadrivium : l’ancienne science regroupant l’étude des nombres, de la géométrie, de la musique et de l’astronomie.

Malgré sa connaissance de « l’envers » des cartes, Guilhem Morera dit avoir été « stupéfait » lorsque Howard Crowhurst lui révéla la relation mystérieuse entre la forme des chiffres et celle des signes des cartes. Il n’en fallait pas plus pour qu’ils recherchent ensemble l’origine de cette énigme. Pour comprendre ce lien, il faut remonter à une anecdote…

Un jour, un proche soumit à Howard Crowhurst une énigme, issue d’un test d’intelligence. Perplexe, il finit par donner sa langue au chat quand, aidé par un indice, il réalisa que la suite de quatre signes à compléter correspondait aux quatre premiers chiffres, 1, 2, 3 et 4, en image miroir. « La solution de l’énigme était donc simple : il fallait dessiner le chiffre 5 en image miroir », se remémore-t-il.

La magie d’un monde aux possibilités infinies
Faciles à transporter, d’une grande simplicité et aux usages innombrables, les cartes fascinent. Il semble que cette combinaison de nombres, de formes et de figures ait la capacité de créer un monde complet aux possibilités infinies.

« D’un point de vue mathématique, si l’on cherche le nombre de combinaisons que permettent 52 cartes, on est pris de vertige. Pour le calculer, il faut faire 52 factoriel : 52 ! = 52 x 51 x 51 x … x 3 x 2 x 1. On obtient un chiffre suivi de 67 zéros… soit plus qu’il n’existe d’atomes sur Terre. Si l’on mélangeait un jeu toutes les secondes depuis le Big Bang, il y a 13,8 milliards d’années, on serait encore très loin d’avoir épuisé toutes les combinaisons possibles. »

Chaque fois qu’on mélange un set de cartes, on peut être quasiment sûr d’avoir obtenu un arrangement unique qui n’a jamais existé, et ne se répétera plus…

Au-delà des apparences

Suivant les couleurs, le jeu des regards des personnages change de direction. Photo : Maisei Raman.Cette analogie entre les signes qui servent de base aux cartes – les Cœurs, les Trèfles, les Carreaux, les Piques – et les chiffres est détaillée dans le livre. Ce que l’on peut en dire, c’est qu’à la lumière de l’énigme de sa jeunesse, Howard Crowhurst, intrigué par sa rencontre avec Guilhem Morera, s’est souvenu que le Cœur était le 2 en image miroir. Partant de là, il observe que le Trèfle offre une ressemblance avec le chiffre 3, sans être une image miroir parfaite. Eurêka !

« C’est là qu’il faut faire un saut de visualisation supplémentaire. Le Trèfle apparaît, non pas par une symétrie double… mais par un reflet triangulaire. La symétrie triple autour d’un triangle équilatéral correspond donc au nombre 3 », révèle Howard Crowhurst.

Selon ce principe, le Carreau apparaît par une symétrie carrée ou quadruple miroir.

« Nous voyons donc que les Cœurs, les Trèfles et les Carreaux sont des signes issus des chiffres, dits arabes, 2, 3 et 4. Ce fait est inconnu ! »

Mais, à première vue, point de relation entre le chiffre 5 et le Pique…

« Le Pique est l’enseigne qui représente le mieux le jeu de 52 cartes. Plus précisément, l’As de Pique en est devenu l’emblème. Cette carte est entourée de mystère et semble avoir un côté obscur », interpelle Howard Crowhurst.

Rien que son nom en français brouille les cartes… Contrairement aux autres signes, Cœur, Trèfle et Carreau, il ne ressemble pas à son nom.

« Une pique est droite, pointue. C’est un bâton utilisé par un Picador pour affaiblir le taureau ou la pièce de métal qui soutient le violoncelle. Le nom représenterait donc bien le chiffre 1, droit et pointu. De plus, c’est une simple ligne droite qui n’est pas changée par un jeu de miroir et qui s’inscrirait naturellement au début du jeu », analyse-t-il.

Mais, alors, d’où vient ce signe qui semble être un Cœur noir retourné avec une tige ?

« C’est dans ce retournement que nous avons la clé du mystère. »

Et de nous rappeler que le chiffre 2 est le Cœur divisé verticalement en deux avec un trait horizontal en bas. Or, si l’on ajoute ce trait en bas du Pique et que nous le retournons et qu’ensuite nous le divisons verticalement en deux, on obtient le chiffre… 5. L’enseigne des Piques semble donc pouvoir se placer soit au début de la série en tant que chiffre 1 grâce à son nom, soit à la fin en tant que chiffre 5, grâce à sa forme.

« Ce principe existe déjà dans le jeu de cartes. Dans de nombreux jeux, l’as aussi peut être tantôt la plus petite carte, ayant la valeur de 1 ou bien la plus forte », poursuit Howard Crowhurst. Un principe qui n’est pas sans lui rappeler la phrase du Christ : « Ainsi, les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers. »

C’est aussi le cas de la note Do, qui se trouve au début et à la fin de l’octave… Une profondeur insoupçonnée se révèle alors derrière ce jeu apparemment banal, que les coauteurs n’auront de cesse de creuser.

L’œuvre au noir

Revenons au Pique. En anglais, il se nomme spades, « la bêche ». Il est dit que ce serait une mauvaise traduction du mot espagnol espada qui signifie « épée », objet qui nous ramène à notre Pique. Mais Howard Crowhurst, rompu aux recherches historiques, ne s’en laisse pas conter..

. « Je me méfie de ce genre d’explication, car une erreur peut être corrigée si elle est importante. »

La « lecture » peut se faire sur un autre plan, qui en dit long sur la portée secrète du jeu de cartes. Car la bêche pointue à l’ancienne ressemble bien à un cœur inversé.

« Sa fonction est de retourner et d’aérer la terre, matière noire et lourde. Sur le plan symbolique, la bêche métaphorise l’objet d’un certain travail de récapitulation de sa vie, l’acte de creuser dans un passé sombre pour permettre une croissance nouvelle, contrairement au cœur et à sa gaieté notoire », observe Howard Crowhurst.

L’œuvre au noir alchimique qui accompagne les mues de notre incarnation ?

« Puisque l’As de Pique est l’emblème du jeu de cartes, il nous livrerait donc ce message – dans ce petit jeu de 52 cartes, il y a un sens caché. Tout ceci est extrêmement intrigant car, il y a des siècles, quelqu’un a volontairement caché ces principes dans un jeu de cartes qui est devenu un objet présent dans tous les foyers », interpelle Howard Crowhurst. Suite de l’intrigue dans le livre…

(1) Pour aller plus loin dans les clés permettant de déchiffrer les symboles sacrés des cartes, lire l’ouvrage de Guilhem Morera La cartomancie des anciens mages (éd. Trajectoire, 2012).

(Source : INREES)

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