L’ibijau, l’oiseau fantôme qui disparaît en plein jour
- L’ibijau vit en Amérique tropicale, des forêts du Brésil au Mexique.
- Le jour, il se fige sur un tronc et devient invisible, tel un bout de bois mort.
- Ses grands yeux jaunes lui donnent une allure de spectre.
- Son chant nocturne, plaintif, a nourri bien des légendes locales.
Certains animaux se cachent ; l’ibijau, lui, disparaît. Ce drôle d’oiseau d’Amérique du Sud a fait du camouflage un art tel qu’on peut passer à un mètre de lui sans le voir. D’où son surnom : l’oiseau fantôme.
Un oiseau qui se prend pour une branche morte
Dès le lever du jour, l’ibijau se perche au sommet d’un tronc brisé, étire le cou, ferme à demi les yeux et se fige. Son plumage grisâtre, marbré comme de l’écorce, fait le reste : il devient le prolongement exact de la branche. Immobile pendant des heures, il ne trahit sa présence par aucun mouvement.
Le maître du camouflage
Sa botte secrète : de minuscules fentes dans ses paupières. Même les yeux clos, il continue de surveiller les environs sans jamais rompre l’illusion. Peu d’animaux poussent le mimétisme aussi loin. Dans le genre « bestiole qui défie l’imagination », il rejoint sans peine notre escargot carnivore de Nouvelle-Zélande ou le gérénuk, la gazelle-girafe.
Un chant qui glace le sang
La nuit venue, le fantôme s’anime. Le chant de l’ibijau est une plainte descendante, presque humaine, qui résonne dans l’obscurité de la forêt. Plusieurs peuples d’Amazonie y ont vu la voix d’un esprit ou d’une âme en peine. De jour on ne le voit pas, de nuit on l’entend sans le trouver : tout, chez cet oiseau, concourt à la légende.
