Fort d’un regain d’intérêt digne du XIXᵉ siècle, le monde de l’invisible semble maintenant à la portée de tous. Des livres aux tutoriels sur Internet, chacun peut être tenté de communiquer avec les champs subtils. Pourtant, tout ceci n’est pas sans danger.
Depuis quelques années, le monde de l’ésotérisme, en parallèle du développement personnel, connaît un véritable essor. De la mode des sorcières modernes qui vantent les vertus de purifications diverses et autres philtres connectés à la pleine lune, en passant par les médiums et les énergéticiens qui lisent vos chakras ou parlent avec vos défunts, tout le monde se met à la sauce de l’invisible. Sauf qu’en réalité, c’est bien plus complexe que cela.
En dehors du fait que ce qui est vanté peut ne pas être efficace, ou pire, vider votre porte-monnaie, les « mondes subtils » présentent de véritables dangers dont nous sommes insuffisamment avertis.
« Dans la vie, est-ce que vous ouvrez la porte de votre maison à n’importe qui ? Est-ce que vous laissez entrer facilement un inconnu chez vous ? Eh bien, en ce qui concerne le monde de l’invisible, c’est pareil », prévient Vincent Lauvergne, alchimiste et formateur.
Il convient d’être prudent et de bien s’informer avant d’ouvrir notre aura, nos lieux, nos champs subtils à tout type d’énergie inconnue.
Ainsi, naviguer au contact de certaines zones vibratoires ou appeler des énergies négatives sans le vouloir peut s’avérer très dangereux et il est préférable d’être informé des risques et de bien comprendre la part de fantasmes sous-jacente qui peut se révéler.
Permettre des connexions négatives
Il est évidemment des pratiques qui sont d’emblée dangereuses et auxquelles il ne faut pas s’adonner du tout, selon les spécialistes. Il s’agit de l’écriture automatique et du ouija.
« D’un point de vue énergétique, cela consiste à ouvrir son aura pour laisser entrer n’importe qui. Quand on fait de l’écriture automatique, cela touche notre intimité, c’est de l’invocation d’entités. Le ouija, c’est pareil, il n’y a aucune protection et on va invoquer une entité qui va faire bouger la planche, car elle ne bouge pas toute seule. On va laisser quelque chose, dont on ne sait absolument rien, prendre possession d’une partie de notre corps. Et l’entité ayant accès à notre inconscient peut nous raconter absolument n’importe quoi, peut nous convaincre qu’elle est notre grand-père décédé ou autre, alors que c’est faux », s’insurge Vincent Lauvergne.
Quelles que soient nos croyances, ces phénomènes reposent sur une réalité énergétique. Quelque chose se déplace. Au mieux, tout est le fait de notre inconscient, et dans ce cas, l’utilité peut être remise en question, au pire, il s’agit d’un phénomène exogène, et dans ce cas, il présente potentiellement de grands risques. Le premier étant de se faire berner :
« Il est possible de réellement rentrer en contact avec un monde invisible. Mais ce dernier n’est pas spécialement sympathique. Au contraire, il cherche ce que j’appelle des portes “infradimensionnelles” qui vont laisser passer des esprits pouvant avoir l’air gentils. Mais la plupart sont surtout des menteurs », explique Dominique Mounié, géopracticien.
Les informations ainsi obtenues n’ont aucune valeur ou peuvent même être nuisibles, portant atteinte à la santé mentale de certains publics fragiles.
Enfin, la capacité d’agglutination de ces énergies noires est extrêmement dommageable pour notre aura et notre capital énergétique.
« En réalité, ce sont souvent des entités de bas astral qui sont là pour se nourrir de notre énergie, en créant un climat de confiance. Et puis, quand on n’est plus assez fort pour les alimenter, elles vont pousser à trouver des adeptes, pour créer un égrégore. Ainsi, nombre de petits groupes naissent autour de médiums ou pseudo-médiums », déplore Vincent Lauvergne, également spécialiste des égrégores.
Tout ceci se déployant avec facilité aujourd’hui grâce à la puissance des réseaux sociaux.
Dès que l’on agit contre la volonté d’une personne, on fait acte de “magie noire”.
Comprendre la magie
Lorsque l’on commence à s’intéresser à la « magie », même si c’est avec la meilleure intention du monde, on risque de manipuler des forces que l’on ne maîtrise pas.
« Il faut bien comprendre que “les magiciens”, ce sont des scientifiques qui cherchent des réponses. On pourrait les rapprocher assez facilement des physiciens qui cherchent à percer les lois de la nature ; les magiciens, c’est exactement la même chose, mais avec d’autres outils et avec la présence d’un aspect spirituel dans le cheminement », rappelle Vincent Lauvergne.
L’expérience de la magie est donc à la fois un phénomène très complexe et un véritable enseignement, mais aussi un sujet extrêmement sensible.
« Dès que l’on agit contre la volonté d’une personne, on fait acte de “magie noire” », explique Vincent Lauvergne.
Notre intention peut même aller accidentellement à l’encontre de ce que nous souhaitons, et ce mal peut nous retomber dessus des années après.
« Ainsi, nous créons involontairement des « larves », « résultat de pensées récurrentes qui utilisent de l’énergie pour exister, le cerveau étant un système chimico-électrique mobilisant de l’énergie, en consommant et en produisant. Si la pensée est fugace, l’énergie produite est immédiatement dissoute. Si la pensée est assez forte et dirigée vers un objectif, cette énergie chargée de la pensée peut perdurer et suivre une route définie en passant par l’astral », nous raconte Marie-Véronique Lechêne, parapsychologue, dans son livre Entités : diagnostic et rituels de bannissement (éd. Trajectoire).
C’est le principe des égrégores, et la manière dont fonctionne ce que nous appelons vulgairement la pensée magique ou la loi de l’attraction. C’est ce qui peut aussi nous attirer des ennuis, pour peu que nous nourrissions les mauvaises graines énergétiques. Ces égrégores se promènent ensuite dans la nature et peuvent avoir des retombées.
Le « nettoyage » présente également des risques
Sont également à la mode tous les types de stages conseillant de nettoyer ses espaces, soi-même, les autres ou des objets, et tout ce qui serait susceptible de stocker des énergies négatives.
Bien entendu, se livrer à des rituels sans bien les maîtriser ou tenter d’entrer en contact avec des entités peut affecter notre énergie, mais aussi le périmètre d’action.
Et les murs peuvent conserver longtemps des mémoires sombres. Autrefois, les anciens faisaient davantage attention aux espaces avant de construire quoi que ce soit.
Dominique Mounié, qui a fondé la Géopractie, une technique permettant de remettre aux normes le réseau géomagnétique, raconte qu’au bout de quelques années de « remise aux normes », par ignorance de l’importance de se protéger, il est tombé gravement malade.
« J’exerce mon métier depuis 28 ans. J’ai fait des centaines et des centaines de bâtiments. Je fais du délestage, ce qui consiste à remettre dans leur bon sens les lignes géomagnétiques correspondant sud-nord et est-ouest. Je cherche des croisements géomagnétiques et, en mettant du cuivre à certains endroits très précis, sur 47 centimètres carrés, la ligne va s’inverser d’un coup. À force, j’ai reçu des charges, et les médecins m’ont trouvé trois cancers et ont pensé que j’avais travaillé dans une centrale nucléaire », raconte le géopraticien.
Aujourd’hui rétabli, mais avec des séquelles, il ne tarit pas de mises en garde contre tous ceux qui veulent s’improviser « nettoyeurs » en tout genre.
Se protéger et s’informer en toute humilité
Au-delà des nombreuses anecdotes sordides que nos témoins sont prêts à raconter à propos de personnes se laissant influencer par des « entités » capables, dans le pire des cas, de les mener au suicide, la prudence est de mise pour tout un chacun, car il est vrai que cet univers mystérieux, à la lisière de la matière et du subtil, est tentant.
Le plus simple est de se protéger et de très bien s’informer au préalable.
Prendre conscience que tous ces phénomènes restent extrêmement rares, et que même les « médiums » ne sont pas à l’abri d’être victimes de leur imagination, d’entités du bas astral ou encore de simple télépathie.
Là encore, le fantasme est le plus à craindre, les mondes subtils sont dangereux, mais les vrais praticiens extrêmement peu nombreux.
Pour conclure, il existe de nombreuses possibilités pour se protéger si l’on souhaite vraiment exercer quelques rituels, à commencer par notre alignement.
« La meilleure des protections, c’est déjà de travailler sur son système énergétique en ayant une pratique énergétique régulière. Il existe des exercices sur la respiration, inspirés de l’Orient, comme le pranayama. Pratiquez-les un peu tous les jours et vous n’aurez pas besoin de vous protéger autrement, puisque tout votre système énergétique va être purifié. Il n’y a donc pas de raison que vous soyez attaqué avec une aura qui vous protège bien », conseille Vincent Lauvergne. « L’amour inconditionnel, quel qu’il soit, et qui ne peut advenir que si l’on a traversé le pardon, va permettre à la nature de se dévoiler, dans la prière sincère à haute voix. La magie est un chemin difficile, un chemin spirituel plein de désillusions et qui malmène notre ego, mais qui mérite d’être parcouru pour évoluer », ajoute Dominique Mounié.
Alors non, chacun ne peut pas s’improviser exorciste ou guérisseur, même si tout le monde a accès à ces énergies subtiles qui ne sont pas sans danger.
Il convient ainsi d’aller chercher les vraies informations auprès des bons enseignants, qui ne sont pas forcément les plus actifs sur Internet, avec beaucoup d’humilité et d’amour, qui restent les meilleures armes pour avancer sur ce chemin étrange.
Alors non, chacun ne peut pas s’improviser exorciste ou guérisseur, même si tout le monde a accès à ces énergies subtiles qui ne sont pas sans danger.
(Source : INREES)