Momies de Nazca à la loupe : un biologiste témoigne (vidéo)

crédit ; Inkarri Cusco

Les mystérieuses momies découvertes sur le site de Nazca au Pérou en 2012 ne cessent de faire parler d’elles… Quel avis sérieux peut-on se faire sur la question ? Rencontre avec l’un des scientifiques qui ont participé à l’étude de leur authenticité.

En 2012 au Pérou, une équipe de pilleurs de tombes entre en contact avec l’explorateur Thierry Jamin et lui propose des objets qu’elle considère comme invendables, des restes de momies d’humanoïdes très intrigants.

Depuis, toutes sortes d’hypothèses ont été avancées sur ce cas, et les études scientifiques ont été difficiles à mener par peur du canular.

Certains médias internationaux se sont saisis de l’affaire, d’autres, moins sérieux et plus sensationnalistes, ont rapidement surfé sur l’émotion, car une question trotte dans toutes les têtes : se pourrait-il que ces momies soient des artefacts extraterrestres ?

À la vue de leur silhouette et de leur histoire, le doute est permis. L’un des rares biophysiciens ayant accepté de faire des analyses répond à nos questions.

Tout d’abord, pouvez-vous nous présenter votre métier ?

Je suis professeur de biophysique, une discipline au sein de la biologie dans laquelle on essaye de comprendre les mécanismes du vivant à travers, entre autres, des structurations et des propriétés physiques qui n’appartiennent pas exclusivement au monde du vivant, mais qu’on tente de reconstituer.

Pendant un siècle, les biologistes pensaient que le principe de la vie transgressait les lois de la physique, alors qu’en fait, aujourd’hui, en regardant la complexité du vivant, on retrouve des germes de lois physiques élémentaires qui correspondent aux structures de nos organismes, de nos corps, de nos comportements.

Nos techniques déterminent les structures du vivant et ses compositions chimiques, que cela soit pour identifier des bactéries, des composants dans des matériaux plastiques, dans des aliments, ou pour chercher des contaminants. On remonte à la composition chimique d’un échantillon, quel qu’il soit.

Par ailleurs, je suis expert auprès de la cour d’appel de Rennes, où l’on tente de démontrer des vices de forme ou l’inconformité de tel ou tel produit. Je travaille principalement dans le domaine humain de la santé, en cancérologie par exemple, mais également dans la recherche de tout ce qui peut être facteur de risque et contamination dans l’agroalimentaire.

Enfin, je donne des cours à l’université où je suis à la fois enseignant et chercheur, c’est une double mission. J’ai des étudiants du bac +1 jusqu’au doctorat.

Qui est Olivier Sire ?
Olivier Sire est enseignant-chercheur en biophysique à l’université Bretagne Sud. Il est également expert auprès de la cour d’appel de Rennes où il est amené à étudier des données pour des expertises médicales et environnementales.

Comment le projet d’analyse des momies est-il arrivé jusqu’à vous ?

Quand j’ai débuté mon activité à la cour d’appel, j’étais en relation avec une ancienne experte policière scientifique avec laquelle j’ai travaillé.

C’est elle qui a été contactée au départ par l’équipe des momies de Nazca, elle a réfléchi pendant un an avant de m’en parler.

Elle m’a présenté ces chercheurs et j’ai accepté de faire les analyses, apparemment ils avaient beaucoup de difficultés à trouver des scientifiques partants pour des tests. Je pense que les scientifiques se disent qu’ils vont se ridiculiser s’ils font des expertises sur ce genre de sujet.

Pour moi, le ridicule n’est pas du bon côté, quand on me donne des échantillons à analyser, que je le fasse pour un industriel ou pour de la recherche, c’est exactement le même métier : j’analyse les échantillons et je fais un rapport.

Que vous ont demandé les chercheurs de l’équipe de Nazca ?

Quand j’ai été contacté pour étudier les momies de Nazca, la question était : est-ce qu’avec des fragments tout petits (moins d’un centimètre), on peut déterminer s’ils sont ou non d’origine organique ?

Il s’agit d’étudier la nature biologique, c’est plus simple que de lire une IRM. Lorsqu’on travaille sur du vivant, du tissu, des bactéries, on a des marqueurs pour savoir si c’est des protéines, du cartilage, de l’os, etc.

J’ai fait cet exercice dans ce cadre-là, sur des échantillons qui ont été fournis, qui étaient identifiés. Je devais conclure si, d’après ces techniques, nous avions bien affaire à des tissus vivants, organiques, fortement desséchés et déshydratés par les siècles, et si on retrouvait les signatures qu’on obtient d’habitude.

Quelle technique avez-vous utilisée ?

Quand j’ai débuté mon activité à la cour d’appel, j’étais en relation avec une ancienne experte policière scientifique avec laquelle j’ai travaillé. C’est elle qui a été contactée au départ par l’équipe des momies de Nazca, elle a réfléchi pendant un an avant de m’en parler.

Elle m’a présenté ces chercheurs et j’ai accepté de faire les analyses, apparemment ils avaient beaucoup de difficultés à trouver des scientifiques partants pour des tests. Je pense que les scientifiques se disent qu’ils vont se ridiculiser s’ils font des expertises sur ce genre de sujet.

Pour moi, le ridicule n’est pas du bon côté, quand on me donne des échantillons à analyser, que je le fasse pour un industriel ou pour de la recherche, c’est exactement le même métier : j’analyse les échantillons et je fais un rapport.

La spectroscopie infrarouge, mais ce n’est pas du rayonnement thermique, rien à voir avec la chaleur. Lorsqu’on étudie une molécule, on observe les liaisons grâce à des bandes d’absorption qui sont typiques d’une liaison chimique.

Depuis des décennies, on sait attribuer, en fonction de la position des bandes, les groupements de molécules, les liaisons chimiques, et quand on voit un ensemble de liaisons chimiques, on est capable de reconnaître quel est le type de molécule.

À partir de tables d’attributions, on peut remonter au type de molécule (signature chimique) qui constitue l’échantillon. On a plein de bandes, parce qu’en général, un échantillon renferme beaucoup de molécules différentes.

Si l’on voit des graisses, des protéines, des sucres, on aura des bandes particulières. Et à partir de cette signature, qui est comme une empreinte digitale, on est capable d’identifier qu’on a là des protéines ou des graisses. Certes, ce n’est pas très précis. Par exemple, on n’identifiera pas deux protéines différentes.

Quelles ont été vos conclusions ?

Si vous avez lu mon rapport, vous avez vu que j’ai en effet conclu que ces échantillons étaient bien d’origine biologique et que cela ne fait aucun doute, ce n’est pas du plastique, du carton mâché ou je ne sais quoi.

Il s’agissait bien de signatures de molécules organiques de protéines, d’ions, de matières minérales, de graisses, de sucres, etc., propres aux tissus extraits des fragments identifiés.

Et vous n’avez constaté aucune pollution extérieure de type colle… ?

Non, là on ne peut pas parler de pollution ou de contamination, je n’ai vu que de la matière organique séchée. J’ai regardé si le petit morceau de matière que j’avais sous mon microscope était bien de la matière organique à l’origine.

Si quiconque avait touché les momies avec les doigts, on aurait vu des traces de graisse dues au sébum, c’est de la contamination. Là, il n’y en avait pas, les manipulations ont été faites avec des pinces.

Vous avez comparé avec des échantillons de serpent et de poulet…

Oui, j’avais obtenu des échantillons de mues de serpent et j’ai fait sécher du poulet. On a vu des rapprochements, par leur composition chimique. Ces fragments étudiés sont bien des morceaux de tissus, comme sur un animal.

Du vivant, mais pas du végétal non plus ?

Non, car dans le végétal, il y a de la cellulose. Grâce à cette technique justement, s’il y avait eu du végétal, j’aurais trouvé de la cellulose, le composant majeur du monde végétal.

Il faut aussi comprendre que ce genre de découverte pourrait remettre en cause ce qu’il y a de plus fondamental dans nos connaissances : nos racines, le sens de la vie, le rôle de l’humain sur Terre… tout peut voler en éclats.

Pourquoi tout ceci reste-t-il aussi peu médiatisé auprès du grand public, à votre avis ?

Quand on regarde les processus actuels de déclassification de nombreuses vidéos par la Nasa et tous ces pilotes de chasse qui commencent à dévoiler leurs expériences, on constate qu’on écarte le rideau très progressivement. C’est ce qu’on appelle respecter le degré d’acceptation des populations.

En outre, il faut savoir que le budget de la Nasa est assez peu élevé. Mon avis, c’est que le seuil d’acceptation est encore loin.

On est dans une société du déni. Les gens n’ont plus de points de repère. Quand vous avez des spécialistes qui travaillent sur des sujets depuis des dizaines d’années et que soudainement, sous la pression médiatique, ils deviennent des « petits charlots », plus personne ne croit plus personne…

Il y a même des individus qui essayent de prouver que la vie exogène est impossible, alors que la question est ouverte ; prouver qu’elle n’existe pas est plus difficile que l’inverse, vu le nombre de témoignages.

Aujourd’hui, chez les politiques ou les scientifiques, plus personne n’est crédible, même avec un raisonnement précis et des preuves.

C’est pour cela que j’ai rendu un rapport « froid » et impartial, issu d’un travail technique, sans a priori car on est beaucoup plus attaqué de nos jours sur notre regard sur des faits que sur les faits eux-mêmes.

On est rapidement empêché : si vous voulez interpréter les faits, on ne reconnaît même plus votre légitimité.

Finalement, on voit des personnes qui se pressent pour donner des opinions et non des faits. L’opinion prime sur les faits !

Que concluez-vous de ces analyses ?

Pour moi, la question de l’origine exacte de ces momies reste ouverte et j’espère qu’on aura bientôt une réponse. Mais un plasticien capable de refaire des momies comme celles-là, je lui donne un prix Nobel. Est-ce qu’on peut admettre l’existence d’êtres plus évolués que nous ?

Il faut aussi comprendre que ce genre de découverte pourrait remettre en cause ce qu’il y a de plus fondamental dans nos connaissances : nos racines, le sens de la vie, le rôle de l’humain sur Terre… tout peut voler en éclats.

Il est nécessaire de prendre des précautions pour qu’il n’y ait pas de maladies mentales qui explosent dans la population.

Mon métier m’a amené à faire ces expertises et j’en ai été ravi, à titre personnel, car l’université aujourd’hui, d’un point de vue intellectuel, c’est devenu un désert… Les portes ont tendance à se fermer et la pensée à se ranger dans des boîtes.

Si vos observations n’entrent pas dedans, elles sont refusées ou mises au rebut. Peu de gens se posent encore de vraies questions.

Les pistes de réflexion
Actuellement, l’hypothèse émise quant à l’origine de ces momies est double : soit il s’agit d’une espèce qui nous aurait échappé et qui a évolué (puis disparu ?) en marge de nos espèces connues, soit il s’agit d’individus extraterrestres.

Les derniers tests ADN qui ont été faits montrent un maximum de 35 % d’ADN commun avec l’Homo sapiens (pour rappel, nous en avons 97 % en commun avec les chimpanzés et 95 % avec le porc).

L’une des momies porte un implant sous-cutané en cuivre avec des points d’osmium, qui semble accordé sur l’une des fréquences de nos ondes wifi.

Ce qui ressemble à des œufs a été retrouvé dans l’abdomen de l’un des individus, et enfin, une coupe scanner transversale a montré que les organes internes sont encore présents dans les corps, ce qui rend encore plus improbable l’hypothèse d’un canular.

Les études d’Olivier Sire confirment que les échantillons qu’il a reçus sont d’origine organique. L’explication finale n’est encore pas permise, mais l’authenticité semble de plus en plus avérée à mesure que la science étudie ces restes bien étranges.

(Source : INREES)

Rapport NAZCA (PDF) https://www.the-alien-project.com/wp-content/uploads/2019/09/RapportNAZCA-Olivier-Sire-FR1.pdf

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