Les populations d’animaux sauvages auraient décliné de 69% dans le monde (vidéo)

Le léopard des neiges | Tambako the Jaguar

Les statistiques du dernier « Indice Planète Vivante » (IPV) du WWF ont découlé sur une révélation plus qu’alarmante : la population d’animaux sauvages aurait décliné de 69% depuis les années 70, au niveau mondial.

Ce chiffre est révélateur des conséquences dramatiques du changement climatique, et alerte sur l’urgence de prise de décisions politiques fermes, pour peut-être espérer inverser la situation.

Les espoirs du monde naturel reposeront sur la prochaine COP15 sur la biodiversité (CDB COP15), en décembre.

Partout dans le monde, la faune sauvage fait face à un déclin spectaculaire. Basé sur des relevés effectués sur 32 000 populations sauvages concernant 5230 espèces différentes, l’Indice Planète Vivante 2022 a révélé que leur déclin était passé de 60% en 2018 à 68% en 2020

. Bien qu’à première vue les chiffres n’ont pas beaucoup d’écart, ils indiquent une accélération dramatique de l’effondrement de la biodiversité à l’échelle mondiale.

Les pertes les plus importantes sont enregistrées au niveau des régions tropicales, qui abritent les écosystèmes les plus diversifiés de la planète. Entre 1970 et 2018, la population d’animaux sauvages habitant l’Amérique latine et les Caraïbes aurait diminué de 94% en moyenne.

Plus inquiétant encore, les populations d’animaux vivant en eau douce ont décliné en moyenne de 83%.

La liste rouge de l’UICN, le baromètre de référence pour l’état de sauvegarde des espèces, ne cesse de s’allonger et certaines espèces risqueraient même de disparaître complètement d’ici quelques années.

Selon le rapport du WWF, la population de dauphins roses d’Amazone (Inia geoffrensis) par exemple aurait chuté de 64% entre 1994 et 2013 dans la réserve naturelle de Mamirauá.

Au Congo, la population des quelques derniers gorilles des plaines (Gorilla beringei) a décliné de 80%.

Et à Madagascar, la menace d’extinction pesant sur les lémuriens est passée de 90 à 98% entre 2012 et 2020, alors même que certaines sous-espèces viennent d’être découvertes, telles que Microcebus johani, officiellement découverte il y a à peine deux ans.

Les chiffres révèlent également une grande disparité, avec des effondrements drastiques de la biodiversité dans certaines régions très spécifiques.

Dans ce sens, à l’inverse des régions comme l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord n’aurait enregistré que 20% de perte de sa faune sauvage.

« Le WWF est extrêmement préoccupé par ces nouvelles données qui montrent une chute dévastatrice des populations d’animaux sauvages, en particulier dans les régions tropicales qui abritent certains des paysages les plus riches en biodiversité au monde », souligne dans un communiqué Marco Lambertini, Directeur Général de WWF International.

À part le changement climatique, les causes de cette disparité seraient beaucoup plus profondes, et tenter d’inverser la tendance nécessite de prendre en compte de nombreux facteurs.

Des causes profondes

L’IPV indique que la perte de biodiversité dans le monde est surtout causée par la perte des habitats. Ces derniers peuvent notamment être menacés par les exploitations forestières abusives, la surpêche, l’agriculture extensive, la pollution, l’introduction d’espèces envahissantes et/ou exotiques, les maladies, etc.

La perturbation et les obstacles au niveau des voies migratoires ont également conduit au déclin des poissons (la moitié des menaces) et des oiseaux. La hausse des températures serait liée à ces perturbations, en menaçant des espèces sensibles à la chaleur (comme les coraux) et en perturbant des habitats entiers.

Bien que la plupart de ces menaces soient étroitement liées au changement climatique, il faut savoir que la majorité des pays concernés sont confrontés à d’autres pressions, qui contribuent à menacer les forêts.

La pauvreté par exemple, fait partie des principaux facteurs conduisant les communautés locales à l’exploitation abusive des ressources forestières. Cette pauvreté est souvent liée à l’instabilité politique et socio-économique, et peut constituer un enjeu majeur pour la conservation.

L’agriculture intensive peut également être une cause de la perte de la biodiversité. La Côte d’Ivoire par exemple, premier producteur mondial de cacao, a perdu 94% de ses forêts primaires pour satisfaire la demande mondiale en chocolat.

D’autres pays comme le Brésil subissent la même pression pour la culture du soja ou de l’huile de palme.

Une nécessité d’adopter des solutions inclusives

Comme première action face à cette crise majeure pour la biodiversité, les dirigeants du monde entier se réuniront à la 15e édition de la CDB COP15, ce mois de décembre. Il s’agira notamment de réinitialiser des prises de résolution qui auraient dû être faites depuis des années, et peut-être d’aboutir à des décisions fermes et pérennes.

Une fois les nouvelles résolutions prises, il faudrait également pouvoir les appliquer sur le terrain. Il est crucial de restaurer durablement et de façon responsable les écosystèmes vitaux afin de pallier la crise climatique galopante, sachant que la moitié de l’économie mondiale dépend directement des services écosystémiques.

Par ailleurs, la conservation n’a vraiment de sens qu’avec l’appui d’une bonne gouvernance. Il est par exemple essentiel d’inclure les communautés locales dans la gestion des ressources naturelles, la conservation avec les Autochtones ayant démontré une efficacité sans pareil.

Le WWF estime d’ailleurs que la tendance à la perte de diversité mondiale ne serait pas irréversible et que des efforts ayant démontré une certaine réussite en sont la preuve. Il reste ainsi à espérer des efforts politiques appropriés à l’enjeu.

(Source : Trust My Science)

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