Plus on s’approche de l’équateur, plus les couleurs des oiseaux sont vives (vidéo)

Un oiseau de la forêt de San Antonio, près de Cali, le 11 février 2022 en Colombie – Luis ROBAYO © 2019 AFP

Sous les tropiques, les oiseaux chanteurs prennent des couleurs. C’est ce que vient de démontrer, pour la première fois, une étude menée sur le plumage de passereaux.

Les naturalistes du XIXe siècle l’avaient pressenti, c’est désormais prouvé: les oiseaux des tropiques sont plus colorés que leurs congénères des zones tempérées, obéissant à un schéma géographique bien spécifique qu’une étude vient de mettre au jour.

Plus de 4500 espèces de passereaux étudiées

Durant leurs expéditions tropicales, les biologistes européens Charles Darwin, Alexander von Humboldt et Alfred Russel Wallace avaient décrit cette richesse si colorée de la flore et de la faune par rapport aux espèces des latitudes septentrionales. 

«Plus on approche des tropiques, plus augmentent la variété des structures, la grâce des formes et le mélange des couleurs», s’émerveillait ainsi le naturaliste allemand Humboldt (1769-1859), qui explora notamment la jungle amazonienne.

Depuis, plusieurs scientifiques ont suspecté l’existence d’une sorte de schéma géographique de coloration des espèces, variant en fonction de la latitude, mais sans pouvoir en apporter la preuve. 

Pour confirmer l’hypothèse, des biologistes de l’Université britannique de Sheffield ont étudié plus de 4500 espèces de passereaux, la plus grande famille d’oiseaux chanteurs (hirondelles, pies, alouettes, rossignols, merles, mésanges, tangaras de paradis…), bien répartie à travers le monde.

Ils ont passé au crible les plumages de spécimens adultes (mâles et femelles) issus des collections du Muséum d’histoire naturelle de Tring, en Angleterre: chacun a été pris en photo sur un fond noir, sous trois angles différents, avec et sans filtre UV. 

Grâce à une méthode d’apprentissage profond (un des domaines de l’intelligence artificielle), ils ont extrait de ces séances photo 1500 pixels par plumage. Sur cette base, ils ont pu mesurer un «taux» de coloration de chaque espèce, puis le comparer à la localisation de l’oiseau, avec un système de scores.

Comment expliquer cette différence?

Les résultats ont confirmé que plus on s’approchait de l’équateur, plus les couleurs étaient vives, et qu’elles ternissaient à mesure qu’on s’en éloignait. Une sorte de «règle biogéographique», globalement valable pour les deux sexes, malgré de légères différences.

Quelle en est la cause ? Plusieurs explications ont été avancées, dont celle d’Alfred Russel Wallace qui voyait dans la luxuriante végétation des forêts tropicales un camouflage naturel permettant aux couleurs vives des oiseaux de s’épanouir toute l’année, quand leurs congénères des forêts tempérées ont dû adapter leur plumage aux arbres dénudés de l’hiver.

Une prédiction que l’étude a confirmée.

«Nous avons trouvé que la coloration était plus élevée chez les oiseaux en habitat dense, comme les forêts tropicales», dit à l’AFP Christopher Cooney. Autre facteur avancé: l’alimentation, puisque les oiseaux se nourrissant de fruits et de nectar, davantage présents aux latitudes tropicales, présentent des couleurs plus vives, ajoute-t-il. 

(Source : AFP)

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