Les dessous des grandes ondes qui diffusaient France Inter (vidéo)

Les installations du CNET à Saint-Assise assuraient la diffusion du signal horaire au moyen de l’émetteur FFH sur 2,5 MHz. La diffusion était instable suite aux perturbations des ondes courtes et ne répondait plus aux critères de l’époque.


L’idéal aurait été d’installer un émetteur VLF spécifique de quelques dizaines de kilowatts, comme l’Allemagne avec sa station DCF77 à Mainflingen.


Autre solution : utiliser des installations avec l’armée. C’est la solution adoptée par l’URSS dont les émetteurs VLF de liaisons avec les sous-marins diffusent les signaux horaires.
 
Une solution innovante et économique.
Au lieu de construire un petit émetteur ou de se servir des antennes de la marine nationale à Saint-Assise, la France a préféré utiliser l’émetteur de Radio France à Allouis.


Nous sommes en 1972… Quoi de plus normal de charger de cette mission l’émetteur de la radio d’état.
C’est dans cet esprit que le CNET a proposé de diffuser un second signal en modulation de phase, inaudible par les auditeurs, qui permettait de synchroniser toutes les horloges de France.
 
1977, le service régulier commence.
Dans l’esprit de l’époque, cela ne coutait rien, vu que l’émetteur était utilisé par la radiodiffusion.
La fin de l’ORTF n’a rien changé au projet : TDF facturait à Radio France les frais de location de l’émetteur, la diffusion du signal horaire était censée ne rien coûter.


Depuis 2004, la CFHM : Chambre française de l’horlogerie et des microtechniques finançait et assurait en partie la maintenance de son système propre et l’acheminement vers l’émetteur, mais pas la diffusion.


Tout se passait bien, jusqu’au jour ou Radio France se voit contraint à faire des économies. Les grandes ondes sont-elles indispensables ? Si oui, pourquoi devoir prendre en charge l’entièreté des frais d’exploitation de l’émetteur d’Allouis alors qu’elle utilise un service et que l’autre est offert aux horlogers ?


Les négociations n’ont pas abouti et Radio France a fini par arrêter sa diffusion au 31 décembre 2016.
 
Le plus économique devient le plus coûteux.
Depuis le 1er janvier 2017, TDF était obligée de continuer à faire fonctionner l’émetteur pour assurer un service gratuit. Si l’émetteur était arrêté, ce sont plusieurs milliers d’horloges qui allaient indiquer des heures fantaisistes :  gare, aéroport, métro, horloges et cloches des églises, parcmètres, de nombreux sites stratégiques, mais aussi des appareils de particuliers comme des radioréveil. Au total, près de 300 000 victimes potentielles.


TDF est une société privée, on ne peut l’obliger à prendre en charge les frais.
Le Gouvernement avait chargé l’ANFR d’assurer la continuité de la diffusion de ce signal horaire, à compter du 1er janvier 2017, et ce, pour une durée d’un an. Puis, la mission avait été provisoirement confiée en 2018 à la Direction Générale des Entreprises (DGE). La reprise de la gestion du signal horaire par l’ANFR a été effective au 1er janvier 2019. C’est maintenant l’ANFR qui règle la facture.

Trouver un autre pigeon.
On a tenté de trouver un éditeur de services de radio. Le CSA a lancé dès décembre 2016 un appel à manifestation d’intérêt pour la diffusion d’un service de radio sur la fréquence 162 kHz. Cet appel précisait l’obligation de diffuser le signal horaire. Toutefois, le CSA précisait que la puissance apparente rayonnée du signal émis sur la fréquence 162 kHz sera a priori contrainte par la puissance du signal horaire, qui pourrait faire l’objet d’une optimisation.


A part une station qui avait trouvé dans cette demande un magnifique poisson d’avril, aucun radiodiffuseur sérieux n’a répondu à l’offre.

Il est l’heure de faire les comptes.
Depuis près de 3 ans, 1100 kW·h sont consommés pour un service qui aurait pu être assuré par un émetteur VLF de seulement 50 kW·h ! C’est une consommation de 22 fois supérieure à celle de l’émetteur de Mainflingen qui assure le même service. Une facture dont TDF ne précise pas le montant : personnel, fonctionnement, énergie ainsi que l’entretien et l’amortissement.


Il est techniquement impossible de revenir sur un choix qui remonte aux années 70!
 
Réduction de puissance ?
Ce n’est que deux ans et demi de retard, que l’ANFR a réalisé des tests visant à optimiser la puissance de diffusion du signal. La puissance du signal a été baissée à 800 kW du 2 au 4 juillet 2019. L’ANFR n’a pas constaté de problèmes de réception majeurs.


C’est sans tenir compte que la puissance minimum avait été fixée par les études du CNET à 600 kW.
Maintenant la puissance est remontée à  la consommation d’une ville de 5000 habitants.
Le dossier avancé lentement… Il faut dire que le jeux de passe-passe entre ANFR, DGE et retour à l’ANFR n’a pas arrangé les choses.
 
On ne voit pas le bout du tunnel.
L’arrêt n’est pas envisageable vu le nombre d’utilisateurs. Ce service fournit une référence de temps d’une précision très élevée et d’une grande fiabilité. Il a l’avantage de pouvoir être mieux reçu dans des espaces intérieurs que d’autres bases de temps, comme celles du GPS ou des réseaux de téléphonie mobile.


On n’est pas près de trouver une solution de remplacement et lorsqu’elle sera trouvée, il faudra attendre des années avant que les 300 000 équipements soient remplacés.


On pourrait proposer une répartition des frais entre un radiodiffuseur et l’ANFR, au lieu de faire payer l’entièreté aux contribuables.

(Source : Media Radio Info)

Les derniers instants d’Europe 1 sur les Grandes Ondes (183kHz) 31/12/2019

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