L’américain SpinLaunch a expérimenté avec succès une centrifugeuse pour envoyer des objets en orbite (vidéo)

Dans les années 1960, les États-Unis et le Canada menèrent conjointement le projet HARP [High Altitude Research Project] qui, inspiré par le concept développé par Jules Verne dans son livre « De la Terre à la Lune », visait à construire un canon d’une puissance suffisante pour envoyer un objet en orbite.

L’objectif étant alors de trouver une alternative aux fusées, aux coûts onéreux. Seulement, après avoir réussi à lancer un projectile de près de 200 kg dans la partie inférieure de l’espace extra-atmosphérique, le projet fut annulé.

Est-ce à dire que, pour le moment, on n’a rien trouvé de mieux qu’une fusée ou un avion en vol pour placer des satellites en orbite? Trouver une autre solution, tel est le défi relevé par l’entreprise américaine SpinLauch, dont le projet a su séduire les investisseurs [dont Google Ventures et Airbus Ventures], lequels l’ont financée à hauteur de 110 millions de dollars depuis sa création, en 2014.

L’idée de SpinLauch est de développer un « système de lancement cinétique » en reprenant, pour schématiser à grands traits, le principe de la fronde. En clair, il s’agit de placer, sous vide, un objet dans une centrifugeuse pour donner à celui-ci une vitesse hypersonique avant de le libérer. Puis, à environ 60 km d’altitude [200’000 pieds], le véhicule met en marche un moteur afin d’atteindre la vitesse de 29’000 km/h…. et de pouvoir libérer ensuite une charge utile de 200 kg en orbite.

« C’est une façon radicalement différente d’accélérer des projectiles et de lancer des véhicules à des vitesses hypersoniques à l’aide d’un système au sol », a commenté Jonathan Yaney, le Pdg de SpinLaunch, interrogé par CNBC, après l’annonce du succès du premier essai de cet « accélérateur suborbital », réalisé à SpacePort America, au Nouveau-Mexique, le 22 octobre.

La centrifugeuse utilisée pour ce test, avec ses 90 mètres de haut, affiche des dimensions réduites d’un tiers par rapport à celle que SpinLaunch entend construire pour les lancements futurs. Mais cela a été suffisant pour donner une vitesse de « plusieurs milliers de kilomètres par heure » à un véhicule réutilisable de 3 mètres de long et lui permettre ainsi d’effectuer un vol suborbital. D’après Jonathan Yaney, il aura fallu pour cela seulement 20% de la capacité de puissance de cet « accélérateur ».

Par la suite, SpinLaunch prévoit d’effectuer environ 30 vols d’essais suborbitaux, avec, cette fois, un véhicule doté d’un moteur, ce qui n’était pas le cas pour le test réalisé le mois dernier. Cependant, l’entreprise assure que les études de réduction des risques ont d’ores et déjà été achevée à 90%.

L’enjeu d’un tel concept est économique. Ainsi, SpinLaunch estime que son procédé permettrait de diviser par vingt le coût de la mise en orbite de satellites de petite taille et d’assurer jusqu’à cinq lancements par jour. Mais pour cela, encore faut-il qu’il y ait une telle demande… En tout cas, le Pentagone a fait part de son intérêt, celui-ci ayant notifié un contrat à SpinLaunch en 2019, via sa « Defense Innovation Unit ».

(Source : Opex 360)

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