Tour du monde céleste (vidéo)

Face à la complexité de notre époque et à la tentation de trouver des guides, l’astrologie est attrayante. L’intérêt qu’elle suscite s’accompagne d’une redécouverte des sagesses traditionnelles : voyage à la rencontre des astrologies du monde.

« Ce qui est passionnant, c’est que nous parlons tous de la même chose (Soleil, Lune…) mais chaque société, selon son essence, aura sa propre façon d’interpréter les astres », souligne l’astrologue Didier Blau, qui mène des recherches sur l’astrologie et la divination dans le monde.

Si les approches varient en fonction des époques et des cultures, les outils dont l’astrologie s’est dotée, il y a plus de 4 000 ans, sont, d’après Carl Gustav Jung :

 « les archétypes les plus immuables de l’inconscient collectif, archétypes que les générations se transmettent à l’intérieur d’une même civilisation ». 

Chaldée, Mésopotamie, Égypte, Grèce, Rome, Europe occidentale et centrale : c’est là le chemin suivi par l’astrologie telle que nous la connaissons encore aujourd’hui. En parallèle, on voit (re)surgir des courants astrologiques voyageurs, enracinés dans les savoirs traditionnels.

 « L’astrologie n’est pas seulement un système de références pour comprendre la personnalité individuelle, elle permet aussi de penser les grands mouvements collectifs de l’Histoire », affirme Stanislav Grof, père de la psychologie transpersonnelle.


D’où qu’elle provienne, l’astrologie s’exprime par des symboles en prise directe avec le « terreau » de la culture dont elle est issue et les valeurs qui lui sont essentielles, voire sacrées. Par exemple, l’astrologie celte se réfère aux arbres, l’astrologie amérindienne aux animaux, l’égyptienne aux dieux… Voici un bref tour du monde, non exhaustif, de l’astrologie.

Chez les Celtes

Répondant à notre appel de la nature (renouveau du druidisme à l’appui), l’astrologie celte se fonde sur les forces du règne naturel, en interconnexion constante avec les humains. Les druides, faisant office d’astrologues (prêtres, magiciens, médecins…), ont toujours incarné les passeurs entre monde céleste, divinités naturelles et peuple terrestre. Cette astrologie mystique et initiatique sert avant tout à lever le voile sur l’alchimie profonde de l’être et ses pouvoirs intérieurs.

Elle est composée de 21 signes, en correspondance avec des périodes/dates de l’année, incarnés par des arbres d’essence sacrée pour les Celtes (le pommier, l’olivier, etc.), dont on sait qu’ils sont au cœur de tous les rituels. La « personnalité » de l’arbre déteint sur celle du signe : par exemple, les individus nés sous le signe du chêne (le 21 mars) sont souvent qualifiés de force de la nature, à l’image de leur vénérable protecteur.

Chez les Amérindiens

L’astrologie amérindienne s’exprime par des signes en lien avec la faune dans une culture chamanique où les animaux totems font partie intégrante du « voyage ». L’animal correspondant à votre signe amérindien est régi par l’élément dans lequel il évolue. À titre d’exemple, les animaux en lien avec l’eau (comme le saumon) voguent sur le courant de leurs émotions et intuitions.

Ceux qui traversent l’élément « air » (le faucon, le pivert…) ont une grande capacité d’adaptation. Ils savent prendre de la hauteur face aux événements et aiment laisser leur esprit s’envoler. Ceux qui sont en phase avec l’élément « terre » (l’ours brun, le loup…) symbolisent l’ancrage dans le concret et la matière.

En Égypte

Dans l’Égypte antique, la vie est intimement liée aux cycles naturels, principalement aux crues du Nil. Cette astrologie a donc d’abord été une « climatologie », avant de devenir un outil de prévision et d’évolution. Depuis la nuit des temps, les Égyptiens ont observé les phases de la lune, le mouvement du soleil et les éléments lumineux de la voûte céleste nocturne, y voyant l’expression d’un ordre supérieur scandant le quotidien. Puis elle s’appuie sur les figures mythiques des divinités.

Comme domine alors une croyance en un destin inéluctable, on relate qu’à côté de Maât et d’Isis, sept prêtresses du culte d’Hathor, se penchent sur le berceau du nouveau-né pour lui annoncer son destin en présence d’un dieu scribe. À cette époque, l’astrologie est enseignée uniquement dans les temples et la recherche d’un destin de naissance ne concerne que les privilégiés. Les prêtres spécialistes sont appelés horoscopoï (« ceux qui observent l’heure »). Initialement chargés de mesurer le temps, ils deviennent les astrologues d’État.

L’astrologie égyptienne nous parvient dans une forme simplifiée et modernisée. Les douze signes sont symbolisés par des divinités (Anubis, Sekhmet…), mais également par le précieux Nil. En Égypte, on attribue au dieu Thot (Hermès Trismégiste) la paternité des enseignements de l’astrologie, consignés dans les Livres hermétiques, notamment la division du zodiaque en douze signes et la maîtrise des planètes sur les heures du jour.

En Inde

Si en Inde, l’astrologie est aussi ancienne que chez les Sumériens, c’est à partir de 1 500 av. J.-C. que les Veda, dont la transmission était orale jusque là, consignent l’histoire des dieux, les rites qui leur sont dévolus et décrivent les connaissances astrologiques utilisées par les prêtres. Astronomie, médecine et astrologie reposaient sur un système fondé sur les révolutions lunaires.

Quand les prévisions de cette astrologie profondément spirituelle étaient défavorables, on récitait les formules sacrées (mantras) et les rituels contenus dans les Veda, en particulier le Rig-Veda, afin de transformer la destinée et obtenir les faveurs des divinités.

L’astrologie indienne, fondamentalement proche de l’astrologie occidentale (depuis les conquêtes d’Alexandre), est parvenue jusqu’à nous. Sa particularité réside dans l’utilisation d’un zodiaque sidéral – attaché aux étoiles et non aux saisons, contrairement au zodiaque tropical, utilisé en astrologie traditionnelle – et tient compte de la position des nœuds lunaires (empruntée par l’astrologie occidentale). L’astrologie karmique qui a cours actuellement en découle.

Au Tibet

Il s’agit de l’une des astrologies les plus complexes, car ses origines sont multiples : religion Bön (animiste), astrologie chinoise, astrologie indienne, tantra bouddhiste du Kālacakra (Roue de la vie). Les prédictions y tiennent une place importante. Cette astrologie est considérée au Tibet comme l’une des cinq sciences et est enseignée dans le cursus de médecine tibétaine tant elle est prise au sérieux et incluse dans les dispositifs de soins des patients en médecine traditionnelle.

En Chine

Populaire sous nos latitudes, l’astrologie chinoise reste complexe et énigmatique aux yeux des Occidentaux, car nous manquons de clés pour interpréter certains symboles éloignés de notre univers. Faisant partie d’un système de pensée holistique, elle s’intègre à un ensemble de techniques pour harmoniser l’être, à l’instar de la médecine chinoise ou du feng shui . Cette astrologie est fondée sur le système lunaire (l’astrologie occidentale se réfère au système solaire). C’est pourquoi la date du Nouvel An varie de quelques jours chaque année. .

Concrètement, le calendrier chinois fait terminer l’année au 30e jour de la 12e lune, et commence la suivante le lendemain (entre fin janvier et mi-février). Chaque année est reliée à l’un des douze signes zodiacaux symbolisés par des animaux, spécifié par l’un des cinq éléments chinois : Bois, Feu, Terre, Métal, Eau (2017 est une année Coq de Feu). Car l’humain faisant partie de la nature, est tributaire du cycle des cinq éléments en lien avec les cinq saisons (printemps, été, été indien, automne, hiver).

Tous les 12 ans, le même signe se représente, mais dans un élément différent. Puis tous les 60 ans (zodiaque sexagésimal de 60 années chinoises, soit cinq périodes de 12 ans), on retrouve par exemple, une année du Coq, avec le même élément Feu.

Interdite durant la Révolution culturelle, l’astrologie est très utilisée de nos jours par les Chinois et les Vietnamiens pour déterminer les dates les plus favorables pour les mariages, contrats ou décisions importantes. Gardons à l’esprit que la philosophie chinoise envisage l’univers comme un « tout », dont l’harmonie (Tao) est basée sur la complémentarité entre ombre et lumière. Rien n’est bon ou mauvais, en tout la mesure. C’est la « voie du milieu », emblématique de cette culture.


Il y a ainsi des signes de qualité Yang (attribués au ciel, aux principes masculins, à l’action…) et des signes Yin (attribués à la terre, aux principes féminins, à la réceptivité…). Leur lien avec l’animal du zodiaque est immuable : l’année du Coq (à l’image de 2017) est toujours Yin, comme le signe.

(Source : INREES)

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