Afrique du Sud : le collectif « Bandits à vélos » reprennent les rues de Soweto (vidéo)

À la nuit tombée, de nombreux cyclistes envahissent les rues de Soweto en Afrique du Sud. D’abord pour pédaler par pur plaisir, ces virées nocturnes se sont transformées en des événements branchés organisés par le collectif « Bandits à vélos ».

À la sortie de plus d’un mois d’un des confinements les plus stricts du monde, imposé en Afrique du Sud en mars-avril 2020, Tebogo Galagala et Tiyiselane Mashele, qui organisent deux fois par mois les randonnées nocturnes des « Bandits à vélo », ont réalisé qu’ils étaient loin d’en avoir fini avec les restrictions sanitaires liées au Covid. Depuis, l’usage du vélo s’est popularisé auprès des jeunes.

« Ainsi, voir de jeunes garçons noirs, enfin, pas seulement de jeunes noirs, mais de jeunes gens noirs sur des bicyclettes est littéralement une déclaration politique. Nous n’avions pas beaucoup de moyens pour faire du vélo, et maintenant nous en avons. Acheter un vélo, n’est pas facile, et nous avons essayé d’y arriver ici par nous-mêmes. Donc, c’est la chose la plus importante, la joie des noirs, et le fait d’avoir de jeunes enfants noirs qui font du vélo à Soweto », explique Tiyiselani Mashele, co-fondateur de Bandits à vélos.

Pendant l’apartheid, seuls les employés noirs circulaient à vélo pour aller travailler à Johannesburg. Depuis, les rues sont désertées par ce mode de transport. Avec ses randonnées nocturnes, « Bandits à vélo » essaie de changer l’état d’esprit de la ville de Soweto.

« Le cyclisme urbain à Soweto et aussi à Johannesburg est en pleine expansion, et nous pensons qu’en faisant ce que nous faisons maintenant, nous sommes de plus en plus nombreux, et les gens nous voient – la culture se développe. Et nous espérons simplement que dans un avenir proche, nous serons reconnus et que des pistes cyclables seront disponibles pour nous. Et évidemment, cela attirera beaucoup de gens qui voudront faire plus de vélo et utiliser leur vélo pour se rendre au travail », détaille Tebogo Galagala, membre du collectif des Bandits à vélos.

Mais cette pratique à un coût. Pour s’acheter un vélo, il faut parfois dépenser un peu plus de 250 dollars. Malgré le fort taux de chômage présent chez les jeunes, ils sont de plus en plus nombreux à sillonner les rues à vélo.

(Source : Africanews)

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