En Floride, les moustiques génétiquement modifiés font polémique (vidéo)

Un moustique génétiquement modifié dans le laboratoire de l’entreprise Oxitec. Reuters

Un projet qui vise à combattre la prolifération des moustiques tigres est lancé ces jours-ci. Les habitants sont inquiets.

Des moustiques tigres génétiquement modifiés arrivent en Floride. Après plus de dix ans de démarches, l’entreprise britannique de biotechnologies Oxitec a débuté, la semaine dernière, la dissémination des œufs dans la nature. Ces trois prochains mois, près de 144.000 moustiques «OGM» mâles – qui ne piquent pas les humains – vont proliférer dans le comté de Monroe. À terme, ils devraient être plusieurs millions.

Leur mission sera de freiner la prolifération des Aedes aegypti femelles, les moustiques tigres vecteurs de maladies transmissibles aux humains (dengue, zika…). Concrètement, ces moustiques de laboratoire vont s’accoupler aux femelles «sauvages». Ils vont leur transmettre un gène qui empêchera aux larves issues de cette union d’être viables. Cela devrait réduire en quelques semaines la population de moustiques tigres capables de transmettre des virus aux humains, tout en se passant d’insecticides chimiques, de moins en moins efficaces.

Pour être mieux suivis, les insectes d’Oxitec sont aussi pourvus d’un autre gène modifié, un marqueur fluorescent. Illuminés avec une lumière spéciale, ils sont censés briller.

Opposition de la population

Ce projet a reçu toutes les approbations fédérales et étatiques – dont celle de l’Agence américaine pour l’environnement. Mais ces insectes OGM sont loin de faire l’unanimité parmi la population locale. Des dizaines de riverains ont manifesté leur colère ces derniers mois. 

«Nous avons beaucoup à perdre et très peu à gagner», enrage John Timura, un pêcheur, interrogé par le Miami Herald, le journal local. «Si l’essai échoue, comment vont-ils rattraper ces millions de moustiques ? À la main ? […] Nous allons devoir subir les conséquences…», peste de son côté John Moreno, un habitant de la petite île de Tavernier.

Certains habitants s’inquiètent aussi de la présence potentielle de ce moustique «OGM» dans la chaîne alimentaire. 

«Si des animaux les mangent, ils pourraient être empoisonnés, mais nous ne le savons pas car ils n’ont fait aucune recherche à ce sujet», s’affole Isabelle, 11 ans.

La technique ne serait pas si sûre, selon les opposants qui brandissent un article publié dans la revue Nature en septembre 2019. Il relate qu’un essai similaire mené entre 2013 et 2015 par la société Oxitec dans la région de Bahia au Brésil a conduit à l’émergence d’une souche mutante de moustiques Aedes aegytpi. Certains œufs auraient réussi à éclore.

«Évidemment, les rares descendants hybrides viables […] sont suffisamment robustes pour pouvoir se reproduire dans la nature», alertaient des scientifiques américains et brésiliens.

Ce travail, qualifié de «spéculatif», a été vivement contesté par la société Oxitec. L’entreprise préfère s’appuyer sur ses réussites :

«Dans la ville brésilienne d’Indaiatuba, […] le moustique d’Oxitec a supprimé jusqu’à 95% des individus Aedes aegypti, vecteur de maladie, dans des environnements urbains sujets à la dengue après seulement 13 semaines», explique la firme de biotechnologies dans un communiqué.

Oxitec est confiante, mais a quand même pris quelques mesures de sécurité. La firme n’a pas révélé les emplacements exacts des boîtes qui contiennent les œufs. Sécurité ultime aux États-Unis : ces dernières ont été installées sur des propriétés privées.

(Source : Le Figaro)

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