Le mystère des animaux à quatre cornes enfin résolu (diaporama et vidéo)

Des chercheurs français et de l’Université de Genève ont découvert que les bovidés présentant des cornes surnuméraires portaient tous une mutation affectant le même gène.

En Suisse et ailleurs dans le monde, il arrive que des moutons et des chèvres développent une paire de cornes supplémentaire. L’origine de cette curiosité morphologique, qui existe depuis plusieurs siècles, est longtemps restée inconnue.

Aujourd’hui, ce mystère génétique a été résolu. Une étude, conduite par l’Institut national de recherche agronomique et de l’environnement de France, l’union des coopératives d’élevage ALLICE et l’Université de Genève (UNIGE), en collaboration avec l’École polytechnique de Lausanne, a mis en évidence que les bovidés, dits polycères, présentaient tous une mutation affectant le même gène. Cette découverte a été dévoilé par les scientifiques suisses et français, mardi dans un communiqué.

Mutation d’un gène architecte

L’étude, menée durant six ans, a analysé les génomes de plus de 2000 moutons et chèvres, dont une dizaine étaient affectés par cette particularité. Les observations ont mis en évidence le responsable: le gène HOXD1. Ce dernier est un gène architecte. En d’autres termes, il construit le plan du corps lors du développement des embryons.

«Le HOXD1 s’occupe des cornes. Il délimite l’endroit précis où elles doivent pousser et opère comme un frein empêchant qu’elles ne se développent ailleurs», explique Aurélie Hintermann, chercheuse au Département de génétique et évolution de la Faculté des sciences de l’UNIGE. Aussi, lorsque ce gène mute, des différences morphologiques interviennent.

«S’il perd son expression, la zone de développement des cornes s’étend autour de la tête et des cornes supplémentaires poussent», précise la spécialiste.

Une curiosité développée par l’homme

Les humains ont depuis longtemps porté une attention particulière à ces animaux polycères, participant à ancrer cette mutation dans le temps. Depuis plusieurs générations, les éleveurs effectuent une sélection génétique de ces bovidés.

«On les gardait car c’étaient des curiosités. C’est vraiment une population qui a été élevée par l’homme. Dans un environnement naturel, ces animaux n’auraient probablement pas survécu», indique Aurélie Hintermann.

En 1786, la reine Marie Antoinette a demandé qu’on lui transfère un bouc à quatre cornes depuis Bulle, dans le canton de Fribourg, jusqu’à son hameau à Versailles (F).

«En Turquie, les moutons avec cette particularité sont depuis des milliers d’années gardés par la population», confie par ailleurs la chercheuse à l’UNIGE.

(Source : 20 Minutes)

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