Sudan, le plus célèbre rhinocéros blanc du Nord (vidéo)

Dernier mâle de son espèce, il est devenu le rhinocéros le plus célèbre de la planète. Et son histoire, c’est celle d’une extinction qui s’est déroulée sous nos yeux. Voici l’histoire de Sudan.

Sudan était le dernier mâle de son espèce. Le 19 mars 2018, il s’est éteint. Ce rhinocéros est devenu, malgré lui, le plus célèbre au monde.

Le nom de Sudan vient de son lieu de naissance : le Soudan du Sud. Ce rhinocéros blanc du Nord est né en 1973. Comme ses cousins, les rhinocéros blancs du Sud, il est l’un des mammifères terrestres les plus lourds au monde : les mâles adultes peuvent peser jusqu’à 2,5 tonnes. À la naissance de Sudan, on estimait qu’il restait environ 700 rhinocéros blancs du Sud encore vivants. Mais ce nombre ne cesse de diminuer. Et pour cause, Sudan et ses congénères sont traqués et tués pour leurs cornes.

En captivité depuis ses 2 ans

Dans les années 1970, des équipes européennes et américaines sont envoyées en Afrique à la recherche d’animaux exotiques. Ils souhaitent remplir les zoos, qui se multiplient en Occident. En 1975, Sudan, alors âgé de 2 ans, est capturé par l’une de ces équipes. Avec lui, huit autres rhinocéros sont attrapés.

Les animaux parcourent plusieurs milliers de kilomètres avant d’atterrir en République tchèque, où ils commencent à vivre en captivité dans le zoo de Dvůr Králové. Sudan y vivra plus de 30 ans. Pendant tout ce temps, il devient père de deux femelles : Nabire, née en 1983, et Najin, née en 1989.

En 2000, Najin devient elle-même mère d’une petite rhinocéros, Fatu. La grande famille vit dans des conditions de vie parfois difficiles. La neige, le froid et le bitume les éloignent drastiquement de leur environnement naturel. Néanmoins, les conservationnistes estiment que cette captivité leur a sauvé la vie.

Retour à l’état sauvage

La situation s’aggrave au fil du temps pour les rhinocéros blancs du Nord encore en liberté. Entre 1980 et 2000, les dernières populations subissent le braconnage intensif, l’instabilité politique et les conflits armés. En 20 ans, le prix de la corne de rhinocéros passe de 4.500 dollars le kilo à plus de 65.000 dollars le kilo En 2008, les rhinocéros blancs du Nord sont considérés comme une espèce éteinte à l’état sauvage.

Cela fait plus de deux ans que les scientifiques n’ont observé aucun individu en liberté. De vastes recherches terrestres et aériennes ont pourtant été effectuées. Alors pour sauver la sous-espèce, une consortium de vétérinaires et de conservationnistes ont décidé de ramener certains rhinocéros du zoo Dvur Kralové en Afrique. Ils ont été placés dans la réserve naturelle d’Ol Pejeta, au Kenya

Sudan, sa fille Najin, sa petite-fille Fatu et un autre mâle, Suni, ont rejoint l’Afrique. Le climat et l’environnement offrent des conditions de reproduction optimales à ces rhinocéros, qui comptent parmi les sept derniers représentants de leur sous-espèce. Mais la menace du braconnage subsiste. Les nouveaux arrivants sont donc surveillés en permanence par des gardes armés entourés de vétérinaires.

La campagne « célibataire le plus convoité de la planète »

En 2014, Suni, le deuxième mâle venu de République tchèque, meurt. Angalifu, un autre mâle, meurt la même année. Sudan devient alors le dernier représentant mâle des rhinocéros blancs du Nord. Il est surnommé « the last man standing », le dernier homme debout.

Cependant, des tests révèlent qu’il n’est plus en mesure de se reproduire naturellement. Une course contre la montre s’engage alors. Il faut prélever le sperme de Sudan avant son décès, puis parvenir à inséminer artificiellement une femelle. Si le processus échoue, les rhinocéros blancs du Nord seront perdus.

Pour financer ce projet, une campagne est lancée sur Tinder. Grâce à la création du profil du « célibataire le plus convoité de la planète », des milliers de dollars sont récoltés pour Sudan. Des politiciens, des personnalités publiques et des touristes se pressent pour rencontrer le rhinocéros. Néanmoins, aucune des tentatives d’insémination artificielle n’aboutit.

Une grande avancée scientifique

En 2018, Sudan a 45 ans, un âge très avancé pour un rhinocéros. Il souffre de dégénérescence musculaire et osseuse et d’une infection à la patte. L’animal s’affaiblit de jour en jour, jusqu’à ne plus pouvoir se lever. Pour mettre un terme à ses souffrances, l’équipe qui l’entoure décide de l’euthanasier. Le 19 mars 2018, Sudan s’éteint.

Sa fille et sa petite-fille deviennent les deux derniers rhinocéros blancs du Nord encore en vie. Elles sont incapables de se reproduire, par vieillesse et par maladie : la sous-espèce pourrait s’éteindre définitivement. Alors l’équipe scientifique se remobilise, et un nouveau projet est lancé. Il s’élève à plusieurs millions de dollars et requiert la participation de chercheurs sur les cinq continents.

En août 2019, des scientifiques du laboratoire italien Avantea annoncent avoir inséminé avec succès sept œufs prélevés sur Najin et Fatu. Deux embryons de rhinocéros blancs du Nord sont créés. Prochaine étape : sélectionner un groupe de femelles rhinocéros blancs du Sud qui seront des mères porteuses.

(Source : Brut)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s