Le cacatoès, cet étonnant perroquet capable de réfléchir (vidéo)

Plutôt que de se jeter sur le premier aliment venu, mieux vaut attendre un peu pour en manger un de meilleure qualité, si c’est possible.

Si, en revanche, cette seconde opportunité semble trop difficile, alors prenons ce qui se présente. C’est le raisonnement qu’ont tenu des cacatoès devant des scientifiques, manifestant des capacités cognitives surtout connues chez les primates.

Le cacatoès aime bien la noix de pécan, mais il préfère de beaucoup la noix de cajou. Alors, que fera-t-il si l’une est juste sous son bec alors que l’autre, enfermée à l’intérieur d’un dispositif compliqué, n’est accessible qu’en utilisant un outil ? C’est la question que se sont posée des chercheurs autrichiens du Goffin Lab, à l’école vétérinaire universitaire de Vienne (Autriche).

Réponse : ça dépend. De nouveau, des oiseaux montrent des comportements complexes, autant que ceux dont sont capables des mammifères, malgré une taille de cerveau nettement plus faible. Souvenons-nous que, très récemment, il a été découvert que la densité de neurones chez les oiseaux est plus élevée que celle des mammifères : le perroquet a autant de neurones qu’un macaque !

Dans cette expérience, Isabelle Laumer, Alice Auersperg et Thomas Bugnyar font travailler des cacatoès de Goffin (Cacatua goffiniana) qui savent déjà se servir de deux outils différents pour récupérer une noix dans des boîtes transparentes. L’une de ces dernières est percée d’un petit trou et l’oiseau doit se saisir d’une baguette pour déloger la noix juchée sur un présentoir et la faire tomber sur un plan incliné qui la fera rouler jusqu’à l’extérieur. L’autre boîte est surmontée d’un tube dans lequel il faut lâcher une bille qui fera basculer une trappe libérant la noix.

Le cacatoès sait réprimer ses impulsions

Les cacatoès ne s’y trompent pas : si la noix de cajou est emprisonnée et si le bon outil est présent sur la table, alors l’oiseau délaisse la noix de pécan et va chercher son plat préféré. Comme l’expérimentateur, dès le choix effectué, retire prestement l’autre graine, le perroquet n’aura droit qu’à l’une d’entre elles, et ne pourra donc pas manger les deux, ce qui serait sans doute la meilleure stratégie… L’oiseau effectue donc un choix qui n’a rien d’évident pour un animal : retenir son impulsion immédiate vers la nourriture accessible et préférer attendre un peu et faire un effort pour se régaler d’un aliment de meilleure qualité. Cette capacité est connue chez des primates mais la découverte semble être une première chez les oiseaux.

En revanche, entre une noix de cajou posée sur la table et une autre enfermée dans sa boîte alors que le bon outil est à sa portée, l’oiseau va au plus simple, délaissant le mécanisme. Mais comment le perroquet réagit-il si l’expérimentateur se trompe d’outil, posant par exemple la baguette alors que la boîte impose la bille ? Après un bref regard sur la scène, l’oiseau n’hésite pas et choisit la noix qu’il aime moins plutôt que sa préférée, qu’il ne pourra pas attraper. La vidéo qui accompagne cet article montre tous les cas de figure (tout comme le communiqué de l’université de Vienne).

Quels avantages de telles capacités procurent-elles dans la nature ?

L’étude pointe aussi la limite du raisonnement du cacatoès quand la situation se complique, quand deux boîtes différentes, avec la baguette et la bille, sont posées devant l’oiseau, tandis qu’une noix, de cajou ou de pécan, est accessible directement. Dans cas, la réflexion semble trop lourde pour l’oiseau. Plutôt que de cogiter sur la meilleure stratégie, il avale la noix disponible, quelle qu’elle soit.

Pour les chercheurs, la question se pose de l’utilité d’une telle capacité de raisonnement dans la nature, où ces oiseaux ne semblent pas utiliser des outils. Leurs comportements à l’état sauvage restent cependant mal connus. Pour Alice Auersperg, cette capacité « doit émerger des modes cognitifs généraux », en d’autres termes, d’une forme d’intelligence.

(Source : Futura Sciences)

Les chercheurs ont placé un cacatoès de Goffin devant une succession de choix similaires : manger la noix posée sur la table ou bien se saisir d’un outil pour aller en chercher une autre, enfermée dans une boîte. L’oiseau réfléchit avant d’agir car l’une des noix est meilleure que l’autre ⇓

Qui l’eût cru : les cacatoès sont aussi débrouillards que certains enfants de 3 ans ⇓

4 domaines où les animaux sont bien meilleurs que nous ⇓

3 réflexions sur “Le cacatoès, cet étonnant perroquet capable de réfléchir (vidéo)

  1. Vidéo #1 : cacatoes réfléchit-il pendant que l’expérimentateur lui impose d’attendre en tendant sa main ? Comme si on lui disait : attend, penses-y bien avant d’agir, car j’ai monté une alternative difficile à résoudre, et que tu ne retrouves pas comme telle dans la nature.

    En autant que je comprends, l’oiseau semble choisir sa noix préférée, même si la voie d’accès est plus difficile ou nécessite l’utilisation d’un outil.

    Vidéo #2 : cacatoes démontre qu’il comprend la situation au point de se fabriquer lui-même un outil à partir du matériel qu’on lui propose, afin de résoudre son problème d’accès à la meilleure noix. On peut admirer la vitesse de compréhension et d’exécution.

    Et cela, même si dans la nature on n’observe pas encore de comportement «instinctif» qui le prédisposerait à se fabriquer un outil pour satisfaire ses besoins. C’est comme si son cerveau opérait en laboratoire au-delà de ses activités ordinaires en nature.

    Le cerveau des oiseaux est petit mais ses neurones sont plus concentrés que ceux du cerveau humain : on peut observer ce fait au microscope. Cette condensation cérébrale serait expliquée par un principe d’économie organique. Pour voler, l’oiseau doit alléger au max ses structures organiques. Et le cerveau d’oiseau ne semble pas échapper à cette règle : comme si c’était le rendement qui comptait.

    Comme si leur cerveau était fabriqué d’abord pour fonctionner. Dans leur cas, il y aurait donc une sorte de miniaturisation organique intégrée mise en oeuvre, rendant compatibles à la fois les capacités de voler et de penser, réfléchir, inventer ou créer. Il nous revient de démontrer leurs limites en jouant d’astuces avec eux, afin de mieux les connaitre, de découvrir leurs pleines capacités cérébrales.

    La supériorité humaine serait-elle jusqu’ici de détruire un plus grand nombre d’espèces vivantes, avant même de les connaitre ? Nous projetons ici une sale image de l’homme. On en a comme pris l’habitude, sur divers plans. Comme par provocation. Mauvaise habitude, si on s’en moque, en autant que cette méthode d’enseignement s’avère jusqu’ici inefficace. On devrait peut-être y réfléchir, à notre tour.

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