Quand l’astrologie se retrouve à l’Éducation nationale

Astronomical clock of the old Prague.

Sous la responsabilité du principal du collège, une expérience d’astro-pédagogie (!) était en cours en cette rentrée 1994. L’histoire avait commencé trois ans plus tôt avec « une enquête statistique sur les lunes (!) [dont] l’objectif [était] de trouver une correspondance entre les indications données par les maîtres du primaire sur le comportement de l’enfant, et celles résultant de son potentiel lunaire ».Ainsi, dès la rentrée 1992 et sur la base d’une prétendue unanimité, était procédé à la« constitution de quatre classes expérimentales de 6e et d’équipes pédagogiques associées selon la dialectique soleil/lune »

On a du mal à ne pas croire à un canular. Mais ce n’est pas tout. L’année suivante, de nouvelles classes expérimentales sont créées : en 6e, les « Lents, (lunes d’eau et de terre) » sont séparés des « Rapides (lunes de feu et d’air) ». En 5e, trois classes permettent de distinguer les « Actifs », les « Rêveurs » et les « Sérieux » rejoints par les « Curieux ». Pour l’année scolaire 1994-1995, les promoteurs de l’expérience proclamaient leur intention de poursuivre et affiner leurs observations. Hélas, les astres n’avaient pas prévu qu’un syndicat d’enseignants saisirait l’inspection d’académie. La réponse de l’inspecteur a été une opposition sans ambiguïté à toute utilisation d’une prétendue « astro-pédagogie ». Ses instructions ont été établies en conséquence.

Un de nos lecteurs, qui nous a fait parvenir ces documents, s’indigne : « Comment peut-il se faire que, pendant 3 ans, et avec la “complicité” d’une trentaine d’enseignants, un projet aussi fou que celui-ci ait pu servir de “caution” à la gestion de la population scolaire de l’établissement ? Qu’est devenu le concept de “mission d’éducation”, lorsqu’on voit, sans vouloir céder à la facilité d’un jeu de mots, sur quelles “lunes” périmées peut être argumenté un “projet d’établissement” (sic !) » S’agissant effectivement d’un projet d’établissement, l’inspecteur d’Académie rappelle que celui-ci n’a pu être mené qu’avec l’accord du Conseil d’Administration. […].

Il s’agit d’un cas isolé, et nous osons l’espérer, d’un cas d’exception. Ne tirons donc aucune généralisation hâtive. Que l’on nous permette cependant d’évoquer les États-Unis, où une campagne systématique continue de tenter de substituer à l’enseignement de la théorie de l’évolution, un enseignement à égalité de la « théorie créationniste ». Cette campagne a su se saisir de tous les moyens, de toutes les instances où ses représentants étaient invités à siéger : conseil d’établissement, commission des manuels scolaires, etc. Ne faudrait-il pas, en France, être plus vigilant quant aux dangers de l’introduction à tous les niveaux des « personnalités extérieures » (élus locaux, représentants des milieux associatifs, des milieux professionnels, etc.), de la remise en cause des programmes nationaux, voire même de la suppression des diplômes nationaux, avec à chaque fois, une même conséquence : substituer à un cadre national autant d’exceptions locales, décidées « en concertation » avec les collectivités et associations dites représentatives. Ne risquons-nous pas un jour de voir une campagne de type créationniste s’engouffrer dans chacune de ces brèches ? Si notre système d’éducation se prête encore mal à ces tentatives, restons tout de même vigilants.

Ce texte a été publié dans les Cahiers Rationalistes en 1995.

Au Québec aussi

En lisant le manuel de français de ma belle-fille de 12 ans, j’ai découvert avec stupéfaction que l’on enseignait l’astrologie aux enfants de l’école primaire ! Intitulé Français 6, Pastille et Giboulée messagers, le manuel visé, édité en 1988, est toujours distribué aux élèves de sixième année du primaire dans la Commission scolaire de Grandpré (à Louiseville, en Mauricie-Bois-Francs, près de Québec). Or, que trouve-t-on au cœur de cet ouvrage de moins de cent feuilles ? Un chapitre de 32 pages intitulé « Que sera demain ? », consacré exclusivement à l’étude des sciences dites occultes : astrologie (« Qui êtes-vous ? »), horoscope chinois, numérologie (« la signification des nombres pour les prénoms »), chiromancie (« L’analyse dermatodigitaloglyphe de l’index »), etc. On y apprend que « L’astrologie explique tout », « Les influences (de l’astrologie) sur l’humain », « Je crois en l’astrologie », « L’astrologie, la vraie », etc. […]

Que penser d’un manuel scolaire destiné à des enfants malléables, encore en pleine formation intellectuelle, où un professeur affirme dans le cadre d’une interview : « Je crois aussi que les corps célestes ont une influence sur les humains. Par exemple, on peut vérifier que, lors des pleines lunes, il y a plus de gens agressifs, la violence augmente… Cela est vérifiable. Nous subissons au jour le jour l’influence des corps célestes. » Et qui conclut en disant : « Aussi, il m’apparaît sage, dans de telles conditions, d’utiliser les services d’un astrologue pour connaître les influences que vous aurez à subir. » […].

[Que] trouve-t-on en conclusion de ce […] chapitre ? « […] Si l’astrologue travaillait en harmonie avec les astronomes, ces derniers pourraient prévoir les trajectoires des planètes et signaler ces événements aux astrologues qui eux pourraient, en se basant sur des statistiques, pré venir par exemple les gens d’éviter de provoquer leur environnement durant telle période parce que dans les conditions que présentent les astres, plusieurs personnes auront tendance à être violentes. De cette façon, en suivant ces conseils, les réseaux de télévision pourraient modifier leur programmation pour enlever tel film violent qui n’est pas présenté dans une bonne période, etc. » […]. Que depuis sept ans, un tel ouvrage, nécessairement approuvé par le ministère, ait pu circuler et être utilisé sans coup férir dans les officines de l’Éducation nationale dépasse l’entendement ! […]

(Béatrice Richard, extrait du Québec Sceptique n° 34, page 6, été 1995)
(Source : Pseudo Sciences) 

18 réflexions sur “Quand l’astrologie se retrouve à l’Éducation nationale

  1. ce qui dépasse l’entendement est cette réaction négative.. l’astrologie était réservée autrefois dans l’éducation royale par exemple.. on a passé des siècles à réduire l’éducation du peuple et maintenant qu’on offre autre chose que l’histoire sur les guerres, surtout celles mondiales et ce, pendant des années de suite… L’astro c’est utile pour se connaître tant sur nos forces et nos faiblesses, cela aide à faire le choix aussi dans les directions professionnelles qui bien souvent sont faussées dès le départ.. et certainement plus ludique que de bourrer le crâne avec des histoires faussées sur l’humanité.. Il est temps de changer les programmes scolaires, il est clair que certains ont bien du mal à sortir des ornières…

    • On est bien d’accord, l’étude de l’Astrologie n’a rien à voir avec les critiques que l’on peut lui trouver. C’est d’user l’esprit critique d’une façon trop facile. On le fait aussil avec la politique, la santé, l’alimentation, l’éducation, sans pratiquer une critique constructive de faire avancer le monde dans le bon sens et non se plaindre toujours de ce qui ne va pas, mais ce que l’on peut réaliser pour faire changer les choses …..

    • L’océan est devenu une vrai poubelle , dans nos poubelles il n’y a de plus en plus de dechet, car il y a de plus en plus d’emballage et on nous fait payer de plus en plus de taxe … les fautifs sont les industriels et les politiques qui ne prennent pas des mesures pour enrayer cette pol’union planétaire ….

  2. On veut un peuple laic alors on va réintroduire des anciennes croyances pour que les gens s’accrochent a quelque chose .. En tout cas .. je refuserais qu’on m’enseigne l’astro quitte a être mit dehors de l,école

      • je n’ai aucun préjugés .sur l’astrologie, mais logiquement depuis que l’astrologie existent avec les signes zodiaques le ciel a changer, les signes ne devraient pas correspondre aux même mois et puis l’avenir

        • Le ciel n’à pas changé, il y a plusieurs façons d’interpréter le ciel et suivant le niveau de connaissance de l’astrologue.
          La précession des équinoxes est toujours le faux argument pour justifier par le détracteur le pourquoi, il n’y crois pas.

  3. Et qu’a prévu le « programme » pour la précession des équinoxes ?… ( Si les responsables ne le savent pas, qu’ils suivent quelques cours d’Astronomie, la vraie Science !…)

    • C’est comme la théorie de la terre plate autant de galilee en fait on s’est aperçue que la terre était ronde, preuve scientifique qui a été remise en cause comme toutes les autres, car les idées évolués comme si les pensées comme la mutation de l’univers et l’évolution de l’homme sur terre ….

  4. Problèmes d’équilibres.

    Éducation, pédagogie, docimologie, ne sont pas des sciences exactes coupant les cheveux en quatre. Par quels critères va-t-on évaluer le jeune élève en formation ? Problème primitif persistant.

    Certains veulent tout rationaliser, robotiser, sans concession ; genre Cahiers Rationalistes et Québec Sceptique. D’autres, cachés dans des recoins obscurs, moins rationnels ou plus mystiques, en appelleraient désespérément plutôt à l’intuition, à la créativité ou à l’instinct, dans une sorte de refus global. Et vogue la galère.

    Quelques-uns peuvent rêver d’harmoniser l’humain avec la nature malmenée, quelque cosmos retrouvé. Peut-être était-ce l’idée vague des premiers astrologues, premiers astronomes, ou même de Pythagore. Chercherait-on vainement ici des traces résiduelles de quelque big bang donnant naissance à l’esprit humain ?

    • Désolé, mais l’éducation n’est pas une science, c’est un concept en perpétuelle évolution.
      QUant à l’astrologie, elle n’est basée sur rien de concret, la numérologie non plus d’ailleurs.
      Quant on implique suffisamment de paramètres dans une fonction, on peut faire dire n’importequoi à n’importequoi. L’astrologie se base sur les planètes, mais Cérès en est absente ainsi que les comètes, les astéroïdes, les systèmes extrasolaires, les autres galaxies et bien d’autres choses qui sont toutes liées entre elles d’après les observations modernes mais complètement absentes des soit disant calculs astrologiques. Cette pseudo-science n’a rien a faire dans la formation des jeunes esprits, sauf si cela est un choix réfléchi.

    • Oui très certainement un problème d’équilibre qui suscite une incessante dualité entre une science humaine dite d’en bas et une science du cosmos dite science du ciel, d’en haut ….

    • Tout d’abord l’astrologie estun outil de connaissance de soi, comme il en existe beaucoup dans de nombreux domaines. Ensuite chacun ces croyances qui évoluent en fonction dun degré de conscience de celui ou celle qui y crois ou n’y crois pas.
      Le fait de ne pas y croire, né remet pas en cause son influence, mais le degré de la croyance issue de l’éducation des personnes et de l’influence contraire de ces connaissance rationnelle et cartésienne de ne pas y croire ….

  5. Cet article nous fait comprendre que le problème en France vient de l’éducation nationale et des inspecteurs dont leur rôles c’est d’empêcher tout travail relatif à une étude astrologique ….

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s