Handicapé, il est mis à l’écart sur la photo de classe

Même l'institutrice de deuxième primaire est plus proche des élèves que Miles Ambridge © photo familiale publiée sur Facebook.

Même l’institutrice de deuxième primaire est plus proche des élèves que Miles Ambridge © photo familiale publiée sur Facebook.

Une photo de classe publiée sur Facebook et relayée dans les médias canadiens remet en question l’équité entre élèves valides ou moins valides. Une mère choquée de voir son fils handicapé placé à distance des autres enfants sur la photo de classe a choisi de poster celle-ci pour sensibiliser l’opinion publique.

Si l’information nous vient du Toronto Star, c’est d’abord via le réseau social Facebook qu’Anne Belanger a témoigné de sa triste expérience, ou plutôt de celle de son fils Miles, handicapé moteur.Alors que la traditionnelle photo de classe est censée être un souvenir amusant pour l’enfant devenu grand, celle de Miles Ambridge aura eu bien d’autres conséquences. La maman de l’enfant de sept ans est en effet tombée des nues lorsqu’elle a découvert le cliché annuel de son fils et de ses camarades.

Pas d’effort de configuration malgré le contexte
On y voit l’enfant, qui ne peut se déplacer qu’en chaise roulante en raison d’une amyotrophie spinale (une maladie héréditaire qui s’attaque aux cellules nerveuses responsables des mouvements, ndlr), placé à plusieurs dizaines de centimètres des autres élèves. Ces derniers sont en trois rangées, assis ou debout, bien au centre des bancs placés à cette fin. À leur gauche mais tout proche, l’institutrice prend la pause.

Forcément, le jeune Miles ne pouvait être intégré aisément à cette configuration précise, qu’il aurait suffi de modifier vu les circonstances afin que le garçonnet soit au milieu de ses copains de classe et que la photo n’accentue pas une différence qu’il porte déjà au quotidien. Miles Ambridge tente néanmoins avec le sourire de s’approcher des autres en se penchant sur le côté.

Nouvelle séance photo
Mais le photographe professionnel n’a visiblement pas perçu le mal qu’il pouvait faire en tenant à garder le cadre habituel des photos de classe. Même s’il a agi machinalement et sans volonté de blesser, la mère de Miles Ambridge ne comprend pas que cet écart entre le groupe et l’enfant n’ait pas choqué le photographe au moment d’appuyer sur le déclencheur. Ni lui, ni aucun autre adulte présent ce jour-là. « Cela saute aux yeux », regrette Anne Belanger qui s’offusque qu’apparemment la seule option aura été de mettre son fils de côté.

Ecoeuré, le père de l’enfant a alors exigé de l’école qu’elle demande au photographe de prendre une nouvelle photo de classe, plus harmonieuse cette fois. La mère a également posté la photo sur la page Facebook de l’entreprise qui envoie les photographes dans les écoles. La société a alors proposé qu’une nouvelle photo soit prise, annonce le Toronto Star.

Un geste significatif
Pour les parents de Miles Ambridge, qui croient à une « simple » négligence et ne montreront pas la première photo à leur fils, cette triste anecdote reflète bien la façon dont la société traite les individus moins valides. La discrimination est toujours une réalité en matière de handicap et les personnes handicapées sont encore stigmatisées, ne fût-ce que par le manque d’intérêt ou de volonté déployé au quotidien pour leur offrir la vie la plus normale possible. Même à petite échelle.

(Source : RTL)

8 réflexions sur “Handicapé, il est mis à l’écart sur la photo de classe

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  2. je sais pas si ils ont voulu faire cela peut etre qu’ils se sont mal pris, que le fauteuil prenait de la place, je pense plutot a un manque de reflexion ils ont pas vérifié, et pas porté assez d’attention
    maintenant je pense qu’une fois le cliché sorti, le photographe aurait pu dire mince j’ai fait une boulette, et en plus la directrice ou la maitresse egalement car oui cela saute aux yeux mais si on regard le fauteuil il est justaposé au banc, il est pas a l’ecart, desfois je me méfie aussi de faire des histoires, c’est pas toujours evident, moi ,j’aurai mis la maitresse derriere lui, ou un enfant au bout du banc mais cela changeait la pyramide, mais bon, c’est dur etre handicapé ds la societe et en tant que parent c’est tres difficile aussi, j’ai bien peine

  3. Si le photographe a fait machinalement cette photo étant donné son modèle cadre ca se peut qu’il n’ai pas vue l,injustice crée Il va reprendre la photo et je pense bien qu’a l’avenir il fera plus attention

    Ce n’est pas une seule photo qu’on peut juger qu’il est insensible ou non … dans un autre contexte comme photographier une gang d’ami surement qu,il aurait mit ce jeune au centre ..

  4. Foutaises et procès d’intention … car on peut se demander comment a pu se dépatouiller de ce mauvais pas et réaliser une photo « harmonieuse » !… Quelle peut en être la signification ?… A moins de casser les bancs, on ne peut pas introduire Miles au centre, puisqu’il ne peut quitter son fauteuil ( encombrant ! ) . L’espace qui le sépare de ses camarades n’a-t-il été ménagé par souci de sécurité , pour leur éviter de rester coincé contre la « machine » quand ils se disperseront à la fin de la séance de pose !… Quant à l’instit par rapport à Miles, ils occupent tous deux les extrémités d’un compas avec les élèves dans le cercle !…

    Une autre disposition retirerait de la « force » à la photo et on pourrait interpréter alors comme une volonté de faire disparaître le handicap comme une tare honteuse !… On peut toujours se retrouver en porte-à-faux avec les « explications », de quelque façon que l’on agisse !… Ne pas perdre de vue non plus que ce fauteuil est une machine puissante, délicate à manier et que donc, la réalisation de cette photo a réclamé quelques exigences de sécurité !… Au total, cette affaire n’est qu’une tempête dans un verre d’eau ( plus quelques gouttes de malveillance ) !…

  5. Et c’est peut-être bien cet aspect qui est le plus susceptible de nous poser problème. Comment savoir au jour le jour si notre pratique de la photo souvenir n’est pas un leurre ?! Et si tous les efforts que nous faisions pour capter la « substantifique moelle » de notre quotidien étaient vains ?! Cette question me touche particulièrement car mon oeil capte essentiellement des détails, des ambiances mais bien peu de plan larges et, je le déplore, d’humains, davantage encore lorsqu’il s’agit de mes proches. Et pourtant n’est-ce pas les liens relationnels, les sentiments partagés, les moments de complicité qui seraient les plus essentiels à conserver ? Mes images ne sont-elles pas, en cela, parfois « à côté de la plaque » ?!

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